« Le vivre-ensemble est probablement le plus grand défi de notre génération de dirigeants », a lancé le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Un Sommet du vivre-ensemble à Gatineau en avril

Une dizaine de fonctionnaires, politiciens et représentants d’organismes voués à l’intégration des immigrants et des différentes communautés culturelles étaient réunis, lundi matin, à la Maison du citoyen, pour annoncer ce qui serait une première au Québec. La Ville de Gatineau tiendra, en avril prochain, un premier Sommet du vivre-ensemble.

L’événement germe dans la tête du maire Maxime Pedneaud-Jobin et des différents partenaires des communautés culturelles depuis l’attentat à la Mosquée de Québec, il y a un peu plus d’un an. Ce sommet sera l’occasion d’engager un dialogue entre les différents intervenants et le reste de la population afin de trouver des solutions à une meilleure intégration sociale et économique des immigrants.

« Le vivre-ensemble est probablement le plus grand défi de notre génération de dirigeants », a lancé le maire de Gatineau. Selon lui, Gatineau a une « occasion précieuse » devant elle de mobiliser tous les acteurs pertinents pour un tel sommet. Gatineau n’a pas vécu d’événement traumatisant comme celui de Québec, mais cela ne veut pas dire qu’elle est à l’abri d’événements malheureux découlant de l’extrémisme. « C’est pour ça qu’il faut en profiter pour poser des gestes, pendant que ça va bien, parce qu’après, c’est souvent plus difficile », note M. Pedneaud-Jobin.

Gatineau, le deuxième pôle d’immigration au Québec, après Montréal, invite donc toute la population à s’inscrire à ce Sommet du vivre-ensemble qui se déroulera le 20 avril prochain, de 8h30 à 16 h, à la Maison du citoyen. Des plénières, des panels, un exercice de consultation sur les priorités d’actions à mettre de l’avant et des prestations artistiques sont prévus. Les citoyens et organismes désirant participer au Sommet du vivre-ensemble peuvent s’inscrire d’ici le 6 avril.

Intégration économique
La première question à laquelle devra répondre ce sommet est de savoir si ça va si bien qu’on semble le prétendre quant à l’intégration des immigrants à Gatineau. Le modèle d’accueil développé ici a souvent été cité ailleurs en province, mais il a forcément des failles et tous les intervenants réunis, lundi, s’entendaient pour dire qu’elles doivent être identifiées et colmatées.

L’intégration économique des immigrants demeurera la plus grande priorité, estime le maire Pedneaud-Jobin. « Pour s’intégrer, il faut d’abord pouvoir manger, avoir un toit sur la tête et être capable d’envoyer nos enfants à l’école, dit-il. C’est la clé et ça fera clairement partie des discussions du sommet. »

Le député fédéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus, abonde dans le même sens et précise que le gouvernement fédéral a aussi son bout de chemin à faire dans le domaine. Le Conseil du Trésor a entamé un projet pilote en 2017 pour évaluer s’il y a du racisme dans l’appareil fédéral pour les nouveaux arrivants qui tentent d’intégrer la fonction publique. « Les résultats sont encore préliminaires, mais on sait déjà qu’il y a là un défi pour nous », a souligné M. Fergus.

La directrice générale du Carrefour jeunesse emploi de l’Outaouais, Martine Morissette, note que Gatineau se débrouille bien en matière d’intégration des immigrants dans les milieux de travail, mais elle ajoute qu’il y a place à amélioration. « Il y a de la place pour aller plus loin et c’est pour ça qu’on veut se concerter davantage, a-t-elle dit. J’ai hâte de voir le plan d’action qui se dégagera du Sommet du vivre-ensemble. »