Sylvie Pedneault, présidente de Escouade G, explique que les couches sont lavées et désinfectées. «C’est très propre et moins irritant qu’une couche jetable pour la peau des bébés.

Un service de buanderie pour les couches lavables s’intéresse à Gatineau

Profitant du momentum créé par la nouvelle réglementation sur les matières résiduelles à Gatineau, une entreprise offrant aux garderies un service de buanderie pour couches lavables s’apprête à s’implanter dans la région.

Escouade G, basée dans Lanaudière et qui commence à étendre ses tentacules un peu partout en province, propose aux centres de la petite enfance (CPE) et aux garderies un service de couches lavables. L’entreprise ramasse les couches souillées, procède au rinçage, à la désinfection et au lavage dans une buanderie industrielle, puis livre un lot de couches propres.

Une initiative qui fait écho à cette garderie de Gatineau qui a fait parler d’elle d’un bout à l’autre du Québec, il y a deux semaines, en proposant aux parents de reprendre les couches jetables souillées de leurs enfants.

Une façon inusitée pour la garderie de se conformer aux restrictions plafonnant à 120 litres par deux semaines la quantité de déchets.

La présidente d’Esoucade G, Sylvie Pedneault, était en ville mardi pour parler de son concept créé il y a quatre ans. Plusieurs représentants de garderie ont pu en apprendre plus sur ce service.

« Je cherchais à offrir un service aussi simple que la couche jetable, car on connaît les défis liés aux couches lavables, qui ont très mauvaise presse dans les garderies. Il y a un paquet de facteurs qui peuvent faire que ça devient un irritant quotidien. Il y a les odeurs, les fuites, le mélange de couches entre deux enfants, etc. De là notre idée d’offrir un service tout inclus. On a donc pris la peine d’investir pour une buanderie industrielle (plus de 100 000 $). On utilise des produits biologiques et jusqu’à 200 couches peuvent être lavées à la fois », lance celle qui s’est lancée en affaires avec son conjoint.

L’entreprise fournit aussi les sacs et les lingettes humides aux garderies participantes, qui n’ont pas à enlever les selles avant le ramassage.

Les frais, soit 2,50 $ par journée (présence réelle de l’enfant) ou 10 $ par semaine (présent ou non), sont ajoutés à même la facture du service de garde. Chaque enfant a son propre lot de couches.

« Le prix est comparable aux couches jetables pour les garderies. On a fait des calculs et il en coûte aux garderies en moyenne 115 $ par an par enfant pour les couches, les gants, les lingettes et les sacs de poubelle. Au final, on leur fait économiser entre 35 et 60 % », soutient-elle.

Escouade G s’est tournée vers Gatineau plus rapidement qu’anticipé principalement à cause de la nouvelle réglementation en vigueur depuis la mi-septembre. Jaëlle Nadon, propriétaire de la boutique Bébé Ékolo à Gatineau, a aussi approché Mme Pedneault.

« Elle (Jaëlle Nadon) deviendra notre responsable ici. Ce sera notre partenaire. Lorsqu’on aura un bassin de clientèle suffisant, on pourrait implanter une buanderie à Gatineau », note Mme Pedneault.

La présidente d’Escouade G avoue avoir été inondée de messages lorsque le CPE Au Pays de Cornemuse a fait une sortie dans Le Droit pour dénoncer la nouvelle réglementation municipale.

« Vous ne pouvez imaginer combien de gens m’ont envoyé la nouvelle. Déjà, avant le virage, beaucoup de CPE nous avaient contactés. Oui, je trouve ça plate que (la Ville) n’ait pas pensé aux cas d’exception, mais quelque part, si on veut faire bouger les gens, on doit parfois prendre des décisions tranchées. Il y a de plus en plus d’endroits qui acceptent les couches lavables, malgré la résistance. D’autres villes ont des projets ambitieux comme Gatineau pour la gestion des déchets, il y en a même une qui veut imposer les couches lavables avec un projet pilote. On y parle même de financer l’implantation de notre service au lieu de donner des subventions aux parents », dit-elle, ajoutant être en pourparlers avec trois municipalités.