Un procès en février sur le 79, chemin Fraser

Catherine Morasse
Catherine Morasse
Le Droit
Six ans après le début d’une longue saga politique et médiatique, une date a été fixée pour un procès entourant le 79, chemin Fraser.

Vendredi, le juge en chef de la Cour supérieure du Québec, Jacques Fournier, a fixé le début du procès au 8 février 2021. 

L’imposante demeure du secteur Aylmer a fait les manchettes en 2014 après une dérogation aux normes municipales. Faisant fi par erreur de ses propres règlements, la Ville de Gatineau avait autorisé la construction de la résidence de 2,5 millions $ au mauvais endroit. L’édifice a été érigé trop près de la rue. 

Les résidents du 77 et du 81, chemin Fraser, poursuivent la Ville et le propriétaire du 79, Patrick Molla, de même que la compagnie qui a construit la demeure, son architecte, la compagnie d’assurances de la Ville ainsi que « tous ceux qui ont été impliqués dans la construction de cette maison », explique Sheryl Lyttle. La voisine immédiate de l’immense résidence cherche à ce que l’édifice soit rendu conforme aux règlements, ou qu’il soit démoli. 

Sheryl Lyttle ne se réjouit pas trop vite : cette poursuite a été lancée en octobre 2014, et plusieurs délais ont depuis repoussé le début du procès. Une date était notamment fixée en février 2020, mais M. Molla s’est gravement blessé dans un incendie quelques semaines auparavant. « J’y croirai quand j’y serai », a-t-elle résumé. 

Mme Lyttle habite le 81, chemin Fraser depuis 2006. Son conjoint s’y trouve depuis 1985. Il a acheté la propriété de son père, qui se l’était procuré dans les années 60. Pendant la construction du 79, Fraser, en 2013, la voisine a exprimé son inquiétude à plusieurs reprises; elle dit ne jamais avoir été écoutée avant qu’il soit trop tard. 

Avant la construction de la résidence, il y avait un terrain vague, note Mme Lyttle. La valeur de sa propriété a maintenant fait une chute importante qu’elle situe dans les centaines de milliers de dollars. La maison voisine « a complètement englouti notre maison, déplore-t-elle. Personne ne voudra voir un gros mur devant leur terrain. L’intimité, le soleil; tout a changé drastiquement. Nous avons dû tout refaire, car je n’avais simplement plus de plaisir dans la maison. » 

« Personne n’empêche personne d’avoir une maison sur un terrain, mais ça, c’était simplement trop. »