Un total de 159 dossiers ont été traités par le Bureau de l’ombudsman de Gatineau (BOG) en 2018.

Un premier rapport de l'ombudsman rendu public

La nouvelle ombudsman de la Ville de Gatineau a présenté son rapport annuel, mardi, le tout premier depuis la controverse qui a mené à la dissolution de l’ancien bureau que dirigeait André Guay et à la réforme complète de l’institution. Deux constats ressortent de cette première publication de Maryline Caron : les incidents de 2017 ont probablement eu un impact à la baisse sur le nombre de plaintes faites par les citoyens auprès de l’Ombudsman, et les gens comprennent bien mal le rôle joué par cette institution impartiale.

Au chapitre des statistiques, 159 dossiers ont été traités par le Bureau de l’ombudsman de Gatineau (BOG) en 2018. Près de la moitié des plaintes ont nécessité des interventions auprès de l’administration.

Il s’agit du plus petit nombre de plaintes enregistrées depuis 2007, l’année de la création du BOG.

« On ne peut pas se le cacher, l’année dernière a été mouvementée et il y a eu des changements importants, explique Mme Caron. Il y a eu une couverture médiatique qui a pu affecter la crédibilité du Bureau. Il y a aussi eu le déménagement à Aylmer de nos bureaux. Moins de gens sont venus en personne pour déposer une plainte, mais ce n’est pas un enjeu parce que je n’ai reçu aucune plainte au sujet de l’accessibilité. Le moyen privilégié demeure le téléphone et le site Web. Je me déplace aussi au besoin pour aller rencontrer les citoyens. »

Un bon nombre de plaintes déposées au BOG (44) ont aussi été jugées « non recevables ». Selon Mme Caron, cela est essentiellement dû à une méconnaissance du public par rapport à l’institution qu’elle dirige.

« Le BOG est un service gratuit, accessible, impartial, confidentiel et méconnu, dit-elle. J’ai eu beaucoup de demandes qui ne concernaient pas du tout le Bureau. J’ai reçu des demandes d’informations pour Revenu Canada et pour un concessionnaire automobile. Une des priorités de la prochaine année sera de mieux faire connaître le rôle du BOG. »

Contrairement à l’ancien BOG, Mme Caron affirme n’avoir rencontré aucune résistance au cours de ses démarches auprès de l’administration municipale. « La collaboration a été vraiment bonne, dit-elle. J’ai eu accès aux dossiers quand je le demandais. On m’a identifié les gens nécessaires quand il fallait que je réalise des enquêtes. Il n’y a pas eu de problème de collaboration. »

Le rapport 2018 du BOG fait dix recommandations à l’administration. Elles touchent l’éclairage dans les parcs, les nuisances occasionnées par les travaux de projets de développement, des améliorations à faire entre le service de l’urbanisme et les promoteurs immobiliers, la coordination entre l’urbanisme et d’autres services municipaux, les vidanges d’eau des piscines résidentielles, le code de déontologie des employés municipaux et l’encadrement des appareils de chauffage au bois. Une seule des recommandations du BOG n’a pas été retenue, les autres ont été mises en application ou sont en cours d’analyse par l’administration.

Le président du conseil municipal et responsable du BOG parmi les élus, Daniel Champagne, a affirmé être « très satisfait du rapport déposé ».

Il affirme par ailleurs avoir « plus que jamais » la nette conviction que le conseil a pris la bonne décision en changeant le modèle d’ombudsman et en se dotant d’un modèle d’ombudsman unique. « Pour moi, d’avoir une seule personne qui signe en bas du rapport, une seule personne qui est imputable des recommandations qui sont faites, ça vient solidifier la façon de travailler, a-t-il dit. Quand tout le monde est responsable, plus personne n’est responsable. »