Le pont macdonald-cartier qui traverse la riviere des Outaouais entre Gatineau et Ottawa a 50 ans.

Un pont sera construit si la science en démontre le besoin

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin est prêt à se rallier à la construction d’un sixième pont, à l’est de la rivière Gatineau, mais le besoin devra d’abord avoir été démontré scientifiquement et tous les intervenants concernés devront s’être entendus sur le tracé et l’utilisation précise qui en serait faite. Il assure qu’il n’est pas question pour lui de reproduire un processus qui a échoué par le passé.

« Ce qui me frustre c’est que les organisations qui travaillent le plus pour rapprocher les deux rives en matière de transport et qui obtiennent des résultats, ce sont les deux villes, lance M. Pedneaud-Jobin. Quand je vois la Commission de la capitale nationale (CCN) arriver en nous disant qu’elle a un plan, moi je veux bien, mais il faut qu’on le fasse ensemble. Gatineau et Ottawa sont déjà sur la glace dans ce dossier depuis cinq ans. La CCN, elle n’était pas là du tout. La dernière fois que ce dossier a été travaillé du haut vers le bas, comme ça, ça nous a coûté 3,5 millions $ pour mettre des études sur une tablette. On a perdu du temps, de l’argent et de l’énergie. »

Ce sont les raisons qui ont poussé, il y a quelques semaines, les maires de Gatineau et d’Ottawa à demander à la CCN de retirer son appel d’offres pour la préparation d’un plan de transport intégré pour la grande région de la capitale fédérale. La CCN a convenu de retravailler son document d’appel d’offres avec les deux villes.

« Tous ceux qui veulent un pont, ceux qui veulent améliorer la congestion, doivent se rallier derrière ce processus-là, insiste le maire. Là, on va pouvoir avancer ensemble. La réflexion va peut-être mener à un pont, mais ce sera un pont à la bonne place qui tiendra compte des besoins en transport en commun. Ma position ne changera pas. Ça prend une solution pour combattre la congestion et les changements climatiques, mais ça prend une solution qui fonctionne. Il ne faut toutefois pas mettre la charrue devant les bœufs et se donner le temps de faire la réflexion ensemble. »

M. Pedneaud-Jobin note que la CCN envisage la construction d’un pont sans avoir aucune idée des impacts de l’entrée en scène du Rapibus, sans connaître les effets de l’ouverture de l’autoroute 50, sans savoir ce qu’un train léger à Ottawa et dans l’ouest de Gatineau changera et sans prendre en considération la possibilité d’un pont à Masson-Angers, où un traversier fait actuellement transiter 800 000 véhicules par année entre les deux rives.

Train

Entre-temps, le maire de Gatineau continue de multiplier les interventions auprès du gouvernement fédéral afin que ce dernier confirme, comme l’a fait Québec au cours des derniers mois, son financement pour le train léger dans l’ouest. « Ce n’est pas dans la poche, mais on a déjà 60 % du financement confirmé par Québec, note M. Pedneaud-Jobin. Jamais, dans aucun projet, Gatineau n’aura reçu une contribution gouvernementale aussi considérable. »