Le Plan directeur vélo présenté à la population, il y a quelques semaines, prévoit dans un premier temps l’ajout de 150 kilomètres de pistes cyclables aux quelque 300 km déjà existants.

Un plan vélo de 35,6 millions d’ici 2025

Pour reprendre son titre de capitale du vélo, Gatineau devra commencer par consolider son statut de « ville vélo » en investissant plus de 35,6 millions $ d’ici 2025 et en doublant le financement annuel accordé à l’entretien et à la réfection de son réseau cyclable actuel, a fait savoir, mardi, l’administration municipale.

Il revient maintenant aux élus de déterminer avec quelle ardeur financière ils donneront suite à ces recommandations. La décision doit venir lors de l’étude du budget 2019, en novembre prochain. D’ici là, le comité exécutif évaluera les demandes financières et les différentes possibilités de financement.

Le Plan directeur vélo présenté à la population, il y a quelques semaines, prévoit dans un premier temps l’ajout de 150 kilomètres de pistes cyclables aux quelque 300 km déjà existants. À terme, ce sont quelque 350 km qui s’ajouteraient. Les bonifications au réseau commenceront lentement cette année et l’an prochain avec l’ajout total de 17 km. Les travaux doivent ensuite s’accélérer entre 2020 et 2024, années pendant lesquelles il est recommandé de dépenser 6,1 millions $ par année. La majeure partie de ce montant annuel, à savoir 4,25 millions $, irait directement à la construction de nouveaux liens cyclables. Le premier objectif est de construire les nombreux tronçons manquants qui nuisent à la connectivité du réseau actuel. 

« On a vu un engouement lors des discussions entre les élus ce matin (mardi), a noté la présidente du comité des transports, Audrey Bureau. Les élus demandent d’ajouter des tronçons, veulent un meilleur entretien, ajouter de la signalisation et sécuriser les aménagements. Ce sont des choses attendues par le conseil depuis longtemps. On a certainement du rattrapage à faire dans nos investissements. Ce sont des discussions qu’on aura lors de l’étude du budget. »

Droits d’immatriculation

Mme Bureau estime que Gatineau pourrait se servir de la nouvelle loi sur l’autonomie des villes pour financer une partie de son Plan directeur vélo. Cette loi permet aux municipalités d’indexer les droits d’immatriculation des véhicules sur son territoire. « Il faut regarder ça, dit-elle. Les droits d’immatriculation n’ont pas été indexés depuis les années 1990. J’y vois là une source de financement potentiel. Il faudrait regarder ça attentivement dans le cadre de l’étude du budget. »

Le président du conseil, Daniel Champagne, ajoute que des programmes fédéraux et provinciaux pourraient aussi être des sources de financement dans la réalisation du plan directeur. « Mais c’est aussi une question de priorité puisque 54 % des Gatinois se considèrent comme des cyclistes, dit-il. Il y a une volonté des citoyens d’investir plus en vélo. Je crois qu’il faudra aussi piger dans notre propre budget pour réaliser ce plan. »

Entretien et réfection

Gatineau réserve annuellement un montant de 500 000 $ dédié à la réfection de ses pistes cyclables. Malgré l’état jugé « pitoyable » de certains tronçons du réseau, la Ville n’arrive pas à dépenser la totalité de la somme. Sur les 2,5 millions $ réservés à cette fin depuis 2014, seulement 1,073 million $ a été réellement investi sur le terrain. L’administration a indiqué, mardi, que le manque de ressources humaines pour planifier et réaliser les travaux est en cause. 

Le Plan directeur vélo prévoit de tripler ce montant annuel (1,5 M$) dédié à la réfection du réseau existant. 

« C’est absolument essentiel d’avoir les ressources nécessaires pour mettre en œuvre ce plan directeur, y compris la réfection du réseau existant, a insisté M. Champagne. C’est beau de bonifier, mais le réseau actuel est en décrépitude. Il faut s’assurer que le réseau actuel est bien entretenu et à la hauteur des attentes des citoyens. L’administration propose l’ajout d’une ressource pour s’occuper des infrastructures. J’ai confiance qu’elle pourra livrer la marchandise, et si elle en est incapable, je m’attends à ce qu’elle nous revienne et nous demande ce que ça prend pour être en mesure de livrer. »