Autant à Ottawa qu’à Gatineau, des camions-citernes sont déployés en cas d’incendie, le temps que les équipes procèdent au dégagement du pourtour des bornes-fontaines à proximité.

Un plan de contingence pour les pompiers

L’hiver très enneigé que l’on connaît dans la région de la capitale nationale représente son lot de défis pour les services d’incendie, le déneigement des bornes-fontaines étant un facteur clé lors d’interventions d’urgence, où chaque minute compte.

Autant à Ottawa qu’à Gatineau, des camions-citernes sont déployés en cas d’incendie, le temps que les équipes procèdent au dégagement du pourtour des bornes-fontaines à proximité.

« Idéalement, on ne serait pas obligés de le faire, mais on a toujours un plan de contingence. De la neige, il y en a tous les ans. Ce qui pose un défi supplémentaire, cette année, ce sont les fluctuations de températures. On a eu de la neige, de la glace, de la pluie, du verglas, etc. C’est la responsabilité du citoyen de déblayer la borne-fontaine sur sa propriété, car autrement on doit utiliser des ressources pour les déneiger, alors que ce sont des mains et des bras qui pourraient faire autre chose ailleurs. Mais ceci dit, on se rend compte que ce n’est pas tout le monde qui a les capacités physiques de le faire », affirme la porte-parole du Service des incendies d’Ottawa, Danielle Cardinal.

Cette dernière souligne que les entreprises de déneigement privé ont également leur rôle à jouer.

« L’une des problématiques, cette année, c’est que des compagnies de déneigement identifient des terrains avec des languettes jaunes, alors que c’est une couleur qui devrait être strictement utilisée par la ville, pour identifier l’emplacement des bornes d’incendie. Aussi, si les gens ont un contrat de déneigement et que l’entrepreneur enneige la borne-fontaine, ils ont le droit comme consommateur de lui dire de l’enlever », ajoute-t-elle, précisant que certains citoyens agissent parfois à titre « d’ambassadeurs » d’une borne dans le quartier, s’engageant à les déneiger.

La Ville d’Ottawa indique qu’à ce jour, au-delà de 18 000 bornes-fontaines ont été déneigées, soit 82 % du nombre total sur le territoire.

« Les résidents ont grandement contribué à ces travaux », souligne-t-on.

Du côté de Gatineau, entre huit et douze équipes de deux à trois employés du Service des travaux publics sont à l’œuvre de 7 h à 19 h les jours de semaine pour dégager les bornes d’incendie sur le territoire. Il s’agit de parcours planifiés et chaque équipe s’affaire à dégager quelque 75 bornes par jour, indique la Ville. Là aussi, les citoyens sont invités à mettre la main à la pâte lorsqu’ils le peuvent.

Le directeur adjoint du Service de sécurité incendie de Gatineau, Stéphane Lachapelle, souligne que des ressources supplémentaires sont ajoutées sur des véhicules de réserve si on le juge nécessaire.

« S’il y a un incendie dans des endroits où les bornes-fontaines ne pas déneigées, on considère ces secteurs-là comme une zone rurale, alors on déploie un camion-citerne. Ainsi, le temps que les équipes procèdent au dégagement des bornes, on a accès à une certaine quantité d’eau pour l’attaque initiale. On veut s’assurer de pouvoir répondre adéquatement au Schéma de couverture de risques en sécurité incendie [imposé par le gouvernement du Québec]. Il y a plusieurs casernes qui interviennent lors d’un feu. Dans les véhicules, on peut voir le positionnement des bornes et nous sommes en communication constante avec les travaux publics pour vérifier l’avancement des travaux », dit-il.

Il ajoute que « déneiger, c’est une chose, mais pendant une tempête, l’accès aux bâtiments peut devenir difficile, de là l’importance d’avoir des ressources additionnelles, par exemple pour le transport du matériel dans la neige. »

« Les villes ont fait des investissements majeurs. Si on recule il y a 15 ans, ce n’était pas la coutume d’ajouter des effectifs pour pallier à ce genre de problématique », s’exclame M. Lachapelle.

Depuis le 1er novembre, il est tombé 284 centimètres de neige à l’aéroport d’Ottawa. À quelques jours de l’équinoxe du printemps, un épais manteau blanc de 50 centimètres recouvre toujours la capitale.