Le service des communications de la Ville de Gatineau a fait savoir que même si la traverse respectait les normes provinciales, « un relevé terrain » a été réalisé après le décès de M. Prescott pour déterminer si des améliorations devaient y être apportées.

Un passage piéton à revoir à Buckingham

Un coroner a recommandé à la Ville de Gatineau de revoir la sécurité d’une traverse piétonnière devant l’Hôpital de Papineau, dans le secteur Buckingham, à la suite du décès d’un septuagénaire qui y a été happé, l’automne dernier.

Jean-Marc Prescott sortait d’un traitement d’hémodialyse à l’Hôpital de Papineau, peu avant 18 h, le 24 novembre 2017, lorsqu’il a voulu se rendre au stationnement situé de l’autre côté de la rue Maclaren. Une fois rendu aux trois quarts de la traverse, l’homme de 78 ans a été happé par un véhicule utilitaire sport qui ne lui a pas cédé le passage, indique le coroner Paul G. Dionne dans son rapport, dont Le Droit a obtenu copie.

Le septuagénaire a été admis à l’Hôpital de Hull vers 18 h 30, où il a notamment été traité pour un « état de choc hypovolémique à la suite d’une fracture complexe du bassin droit compliquée d’un hématome du bassin », écrit le Dr Dionne.

L’état de santé de M. Prescott ne s’est toutefois pas amélioré. « Cliniquement, le membre inférieur n’est plus viable, relate le coroner dans son rapport. Devant la possibilité d’amputation et dans un contexte d’état général vasculaire sérieux, la situation est revue avec la famille. On optera pour des soins palliatifs. » M. Prescott est décédé le 28 novembre, soit quatre jours après l’accident.

Le Dr Dionne, qui conclut à un décès « accidentel », note que M. Prescott portait des vêtements foncés, et que le conducteur qui l’a happé « l’a vu apparaître devant lui et a freiné ». « La vitesse et l’infrastructure ne sont pas en cause, indique le coroner. Le conducteur a reçu un constat d’infraction pour ne pas avoir cédé le passage à un piéton. »

Même si l’enquête policière a démontré que « la voie piétonne remplissait les normes de sécurité » au niveau du signalement et du marquage, le Dr Dionne note que la traverse « a la particularité de servir à des citoyens qui se déplacent de et vers l’hôpital », de sorte que « ceux-ci sont, dans bien des situations, fragilisés physiquement ». Le coroner souligne également que la traverse sert de lien entre le stationnement de l’hôpital, le tout sur une rue « passante » sur laquelle les policiers observent « des accidents mineurs occasionnels ».

Le Dr Dionne a donc jugé bon de recommander au service des infrastructures de la Ville de Gatineau « de revoir la traverse ». « Il y aurait peut-être place à rehausser la sécurité par éclairage intermittent, dos-d’âne ou autre mesure que le service jugera approprié », écrit-il.

À la Ville, le service des communications a fait savoir que même si la traverse respectait les normes provinciales, « un relevé terrain » a été réalisé après le décès de M. Prescott pour déterminer si des améliorations devaient y être apportées.

« Ainsi, en février 2018, la Ville a procédé à la bonification de la signalisation afin de positionner les panneaux du passage pour piétons plus près de la chaussée, soit directement dans les avancées de trottoirs », indique le service des communications. Ce positionnement permet d’optimiser la visibilité du passage pour les conducteurs. En saison estivale, une balise flexible est également présente au milieu de la chaussée afin de bonifier la présence du passage. »

La Ville souligne aussi que des modifications avaient été faites l’été avec l’accident, pour y ajouter les avancées de trottoir et ainsi réduire la longueur de la traverse.