À regret, Audrey Bureau appuie la démolition de la maison Conroy-McDonald. «La Ville a fait son travail», insiste la conseillère.

Un morceau d’histoire d’Aylmer appelé à disparaître

Une maison citée patrimoniale datant de 1850 pourrait crouler sous le pic des démolisseurs dans le Vieux-Aylmer. L’immeuble dont la valeur historique et patrimoniale est indéniable a été grandement endommagé par un incendie l’hiver dernier.

Le conseil municipal doit se prononcer, ce mardi, sur la demande de démolition du propriétaire de la maison Conroy-McDonald, située au 47, rue Symmes. L’immeuble de deux étages a appartenu à Robert Conroy (1811-1868), l’un des plus prospères marchands de bois de la région. C’est d’ailleurs lui qui a fait construire l’hôtel British. Son fils, William s’y établit en 1892. Son petit-fils y habita à son tour jusqu’à sa mort en 1993.

Au-delà de sa valeur historique, la maison du 47, rue Symmes présentait aussi un intérêt patrimonial en raison de son architecture et de la façon dont elle était construite. L’immeuble a subi des modifications au fil des ans, notamment un revêtement de stuc. Sous ce revêtement toutefois se cachait une structure de bois équarri qui témoignait du mode de construction caractéristique des premières habitations de la région.

«Je me suis d’abord opposée à la démolition de cette maison, mais je suis obligée aujourd’hui de l’appuyer», précise la conseillère du quartier, Audrey Bureau. Un premier rapport produit par le propriétaire à la suite de l’incendie concluait que l’immeuble était irrécupérable. La Ville a par la suite demandé une contre-expertise en raison de la valeur patrimoniale qu’il représentait dans le quartier.

«La Ville a fait son travail dans ce dossier, affirme Mme Bureau. Les experts embauchés par la Ville arrivent à la même conclusion. Il n’y a malheureusement plus rien à faire avec le 47, rue Symmes. Le feu a été majeur, c’était en hiver, alors l’eau a gelé et a continué de s’infiltrer par la suite. C’est maintenant une question de sécurité.»

Pas d’accord

La présidente de l’Association du patrimoine d’Aylmer, Micheline Lemieux, est plutôt d’avis que la maison Conroy-McDonald pourrait être sauvée. «Ce n’est pas parce qu’elle a été endommagée qu’on doit l’achever, dit-elle. Vu son importance historique, ça vaudrait la peine de faire un effort. L’hôtel British était tout pourri quand son propriétaire a décidé de le rénover. Aujourd’hui, il est encore là et c’est très beau.»