La STO a préféré une entreprise française à une entreprise de Brossard pour mettre en place un système d'information aux voyageurs.

Un lobbyiste veut casser un contrat de la STO

Un lobbyiste vient d'être embauché afin d'intervenir auprès de hauts placés du ministère des Transports dans l'espoir de mettre un terme au « financement public octroyé » à la Société de transport de l'Outaouais (STO) pour un contrat accordé en 2015 à une firme française dont la soumission pour un système de communication était 3 millions $ plus élevée que celle présentée par une firme de Brossard.
L'avocat Mario Welsh, de la firme BCF de Québec, a obtenu un mandat de « moins de 10 000 $ » de la part de Solution Itsmax, qui avait présenté la plus basse soumission dans le cadre d'un appel d'offres de la STO pour la mise en place d'un « système d'aide à l'exploitation et à l'information aux voyageurs » visant à offrir des données en temps réel sur les déplacements des autobus. Le contrat avait été octroyé à l'hiver 2015 à l'entreprise française Inéo Systrans pour la somme de 7,8 millions $.
Selon les informations inscrites au registre des lobbyistes, « Solutions Itsmax inc. intervient donc auprès de certains titulaires de charges publiques afin de demander l'arrêt du financement public octroyé à la STO pour ce projet, que le contrat lui soit accordé et que le cahier des charges d'appels d'offres similaires soit revu afin d'éviter que l'industrie locale soit ignorée, comme ce fut le cas dans l'appel d'offres en cause ».
Le mandat de Me Welsh dans ce dossier a commencé le 2 mai dernier et est valide pour un an. Il vise tant les fonctions ministérielle et sous-ministérielle que des titulaires de charges d'encadrement ou professionnelles au sein du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports (MTMDET).
La controverse avait éclaté dans ce dossier en 2016, alors que le magazine L'actualité publiait un long article évoquant des tensions dans les directions régionales du MTMDET découlant de vérifications menées par le ministère des Affaires municipales et de l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Un passage de cet article concernait le contrat conclu avec Inéo Systrans, dont la soumission de 7,8 millions $ était 3 millions $ plus élevé que celle d'Itsmax.
La STO avait réagi en expliquant les raisons l'ayant poussé à rejeter la soumission d'Itsmax, malgré son prix moindre. « Il fallait que la firme soit en mesure de nous démontrer qu'elle avait la capacité de livrer un produit éprouvé, avait déclaré le président du transporteur public, Gilles Carpentier. La firme Itsmax n'a pas été en mesure de démontrer cette capacité au point où le système d'aide à l'exploitation était, et je cite la soumission, 'à développer'. Ce n'était donc pas un produit éprouvé. »
L'implantation du nouveau système à bord des autobus de la STO a commencé à la fin 2016. L'activation des annonces vocales et de l'affichage numérique devait se faire dans une dizaine de véhicules chaque semaine, dans l'objectif que la totalité de la flotte en soit équipée d'ici la fin de l'été 2017.