Les Ateliers du ruisseau, dont la construction en plein cœur du centre-ville est évaluée à 32 millions $, sont appelés à devenir rien de moins que l’épicentre des arts visuels en Outaouais.
Les Ateliers du ruisseau, dont la construction en plein cœur du centre-ville est évaluée à 32 millions $, sont appelés à devenir rien de moins que l’épicentre des arts visuels en Outaouais.

Un grand projet culturel au centre-ville de Gatineau

EXCLUSIF / Le plus important projet culturel en un quart de siècle à Gatineau est en train de voir le jour. Les Ateliers du ruisseau, dont la construction en plein cœur du centre-ville est évaluée à 32 millions $, sont appelés à devenir rien de moins que l’épicentre des arts visuels en Outaouais. Rien de tel n’a été vu dans le milieu culturel de l’Outaouais depuis l’ouverture de la Maison de la culture en 1992.

Portée par la Coopérative des Ateliers du ruisseau, le projet est perçu comme une importante bouffée d’air frais dans le milieu et s’inscrit indéniablement dans la volonté de la Ville et du maire Maxime Pedneaud-Jobin de revitaliser le centre-ville en s’appuyant sur la culture et les artistes. Les Ateliers du ruisseau qui doivent ouvrir ses portes entre 2022 et 2024 seront le lieu de convergence de nombreux artistes de la région qui œuvrent en arts visuels, métiers d’arts et arts numériques.

La présidente de la Coopérative les Artistes du ruisseau, Dannielle Doucet, explique que l’immeuble projeté aura six étages.

Il sera construit juste à côté des Brasseurs du temps, à l’angle des rues Papineau et Morin, où se trouve actuellement un stationnement de la Ville. Le conseil municipal a adopté à l’unanimité, le 7 juillet dernier, la cession du terrain à la coopérative pour la somme symbolique de 1 $.

La valeur de ce terrain est évaluée à environ 1,5 million $.« Ça, c’est la clé qui nous permet d’aller de l’avant, note Mme Doucet. C’est ça qui nous permettra d’approcher les autres bailleurs de fonds avec beaucoup de crédibilité. »

D’une superficie totale de 11 490 m2, le bâtiment offrira une architecture audacieuse en mettant le bois à l’honneur.

Présidente de la coopérative des Ateliers du Ruisseau, Danielle Doucet

Hôte de la Galerie Montcalm

L’architecte retenu par la coopérative est Martin Brière, le même qui avait produit les plans de l’Espace Dallaire en 2005, mais dont le projet destiné à dynamiser l’axe culturel Montcalm n’a jamais vu le jour.

Les trois derniers étages abriteront une soixantaine d’ateliers d’artistes, un besoin criant dans la région.

Les trois étages du bas accueilleront quant à eux une salle multifonctionnelle avec de l’équipement de projection numérique et un magasin de matériel d’artiste.

Des négociations sont aussi bien entamées avec la Ville pour que l’immeuble héberge la Galerie Montcalm, actuellement située à la Maison du Citoyen, ainsi que de l’espace d’entreposage pouvant accueillir la collection permanente de la Ville de Gatineau actuellement à l’étroit et sous le coup d’un moratoire l’empêchant toute nouvelle acquisition en raison du manque d’espace.

« Des consultants sont à pied d’œuvre afin de soumettre à la fin du mois d’août un rapport sur la typologie des ateliers, les usages possibles de la salle multifonctionnelle et l’espace de vente physique et virtuelle, explique Mme Doucet. Une agente de planification accompagne bénévolement la coopérative pour la production d’un plan d’action et du plan d’affaires. Les services du groupe de ressources techniques Loge-Action ont aussi été retenus pour travailler avec la coopérative au montage financier. »

La chasse aux subventions

L’été qui vient sera occupé pour la nouvelle coopérative puisque la recherche de financement et le montage financier des Ateliers du ruisseau doivent être complétés en septembre.

Beaucoup de millions de dollars restent encore à trouver, mais rien pour refroidir l’enthousiasme de la présidente de la coopérative. « Notre projet, en réunissant tout un écosystème au même endroit, serait le premier du genre au Québec et probablement au Canada, affirme Mme Doucet. Il suscite énormément d’intérêt auprès de joueurs majeurs comme les différents paliers de gouvernement, mais aussi chez Investissement Québec et au Fonds de solidarité de la FTQ. »

Le projet suscite à ce point de l’intérêt qu’il a déjà reçu un peu plus de 600 000 $ en subventions provenant en grande partie du Fonds d’appui au rayonnement des régions, mais aussi de la Caisse Desjardins de Hull-Aylmer, du Chantier de l’économie sociale, du ministère de la Culture et des Communications et de Culture Outaouais.