Marc Carrière a toujours été un fervent indépendant pour qui il ne devrait pas y avoir de parti politique sur la scène municipale.

Un deuxième parti politique à Gatineau ?

Une importante réflexion s’impose à Gatineau, croit le conseiller Marc Carrière. « Avons-nous besoin d’un deuxième parti politique pour donner un autre choix à la population ? », demande-t-il alors que s’amorcent les premières vacances estivales du présent mandat.

M. Carrière a toujours été un fervent indépendant pour qui il ne devrait pas y avoir de parti politique sur la scène municipale. Après deux élections, le conseiller de Masson-Angers reconnaît toutefois que « travailler seul dans son coin prend beaucoup de temps et d’énergie ». Il ajoute que le déséquilibre des forces entre les partis et les indépendants, tant sur le plan du financement que de l’organisation politique, rend les choses encore plus difficiles pour un élu indépendant qui souhaite offrir une alternative politique à la population.

Selon lui, la présence d’Action Gatineau comme seul parti politique à Gatineau a contribué à éloigner le conseil municipal du reste de la population. « C’est un parti de gauchistes qui nous éloigne des attentes des citoyens, dit-il. Les gens veulent des services de base. Il faut offrir quelque chose d’autre qu’Action Gatineau. Il faut permettre au conseil d’offrir quelque chose qui ressemble plus aux besoins de la population. »

La maire Maxime Pedneaud-Jobin et les élus de son parti ne représentent que sept votes pour Action Gatineau au conseil municipal. « Les indépendants sont toujours majoritaires, note M. Carrière, mais le maire, avec ses nominations stratégiques au comité exécutif et à la STO, a réussi à s’accaparer la table du conseil. On est pris avec ça. Il y a des indépendants qui sont dans la clique. On peut penser au président du conseil et au président du comité exécutif. »

Pas seul
Marc Carrière précise que sa sortie publique est faite sur une base individuelle, mais qu’il y a un « petit groupe » de collègues autour de la table du conseil qui a entamé la même réflexion que lui concernant la pertinence d’un deuxième parti politique.

« C’est une réflexion qui prend du temps et de l’énergie et elle ne doit pas appartenir à une seule personne, dit-il. Je pense qu’on a atteint quelque chose avec la présence d’un seul parti politique. Je ne suis pas seul dans cette démarche. Il y a des gens au conseil et dans la population qui réfléchissent à ça. Il n’y a pas d’échéancier, mais il faudra savoir où on en est rendu à Gatineau au courant de l’automne. »

Boudrias aussi
Sans s’associer directement à la démarche de son collègue de Masson-Angers, la conseillère Louise Boudrias admet que la question est pertinente. Elle dit sentir une grande insatisfaction et une volonté de changement au sein de la population, même si moins d’un an a été écoulé au présent mandat. « Les travaux qui n’avancent pas, les dépassements de coûts, les rues qui se dégradent, les huis clos tout le temps et l’absence de débat » inquiètent de plus en plus de citoyens, indique la conseillère.

La réflexion sur la nécessité de créer un deuxième parti politique est normale, estime Mme Boudrias. « Mais ce qui me marque dans mes discussions avec les citoyens c’est qu’ils ne sont pas intéressés à un autre parti politique », ajoute-t-elle.