Un dépotoir dans la cour arrière

« Ça va être un cauchemar pour le reste de notre vie si rien n'est fait pour régler cette histoire de dépotoir-là. »
Luc Gauthier, un résident de la montée Chauret, dans le secteur Templeton, avait les traits tirés, mardi soir, au terme de son intervention devant le conseil municipal de Gatineau. « Ça fait deux mois que je ne dors plus », a-t-il confié. 
Lui et ses voisins en avaient long à dire aux élus gatinois. L'entreprise de démolition L Piché et fils s'est installé directement dans leur cour arrière au printemps 2016. « Depuis, c'est l'enfer, lance M. Gauthier. La poussière, le bruit excessif, à toute heure du jour ou de la nuit, c'est fou et ça fait juste commencer cette histoire-là. L'entrepreneur semble avoir carte blanche sur tout le terrain qui longe les cours arrière de nos maisons. Mon voisin a un concasseur de béton à 200 pieds de sa maison. Imaginez le bruit et la poussière. On parle de tonne de béton. La nuit, des camions défilent pour déverser de la neige, sans arrêt, bang, bang, bang. Pourquoi ? Pourquoi la Ville a autorisé ça ? Nous sommes cloués à nos maisons maintenant. On ne pourra plus jamais vendre. »
M. Gauthier assure que ses voisins et lui n'en veulent pas à l'entrepreneur. « Nous en voulons à la Ville d'avoir délivré ce permis », insiste-t-il. 
Rupture de contrat ?
M. Gauthier accuse la Ville de Gatineau d'avoir brisé une entente signée par la direction générale en 2007 qui assurait aux résidents de la montée Chauret la présence d'une zone tampon de 500 mètres devant séparer le centre de tri Tricentris de la rue René-Ménard et leurs propriétés. 
« Nous avons le document, c'est un contrat, un engagement de la direction de la Ville, mentionne M. Gauthier. La Ville nous avait promis une zone tampon, mais elle se retourne et vend ces terrains tampons et nous plante un dépotoir directement collé sur nos maisons. C'est incompréhensible ce qui a été fait. »
Le conseiller du quartier, Jean Lessard, affirme avoir été interpellé à propos de cette situation en janvier dernier. Le cabinet du maire de Gatineau suit aussi le dossier d'un oeil attentif. 
M. Lessard avait cependant bien peu à dire sur ce dossier, mardi soir. Il a rencontré les résidents de la montée Chauret et attend maintenant de l'information du service de l'urbanisme. Il semble clair, toutefois, selon M. Lessard, que l'entreprise L Piché et fils n'est pas entièrement conforme à la réglementation municipale. « Le service de l'urbanisme est en train de sortir toute l'information pour la partager avec les citoyens, explique M. Lessard. Les citoyens parlent de zone tampon. Je ne sais pas, je n'étais pas là à l'époque.
La Ville prépare les documents pour aviser les citoyens de ce que l'entrepreneur peut faire et les distances qu'il doit respecter. »