«Nous sommes maintenant entourés, à la table du conseil, de gens un peu plus capables de reconnaître une bonne idée quand ils en voient une», soutient la présidente du caucus d’Action Gatineau, Isabelle N. Miron.

Un conseil « plus mature » à Gatineau

L’heure était au bilan, la semaine dernière, de cette première année du deuxième mandat d’Action Gatineau (AG). Le parti du maire Maxime Pedneaud-Jobin dresse un premier portrait « positif » de ses actions et juge avoir été en mesure de mettre de l’avant de nombreux éléments de son programme.

« C’est aussi parce que nous sommes maintenant entourés, à la table du conseil, de gens un peu plus capables de reconnaître une bonne idée quand ils en voient une », affirme la présidente du caucus d’AG, Isabelle N. Miron.

À ce chapitre, ce serait carrément « le jour et la nuit » avec le dernier mandat, estime la conseillère du district L’Orée-du-Parc. « Dans l’ancien mandat, on se disait, à la blague, qu’on arriverait avec le remède contre le cancer que ça ne sera pas bon parce que ça vient d’Action Gatineau, c’est fini ce temps-là, dit-elle. Il y a une plus grande maturité. Peut-être que nous, on est moins dans la confrontation et plus dans la main tendue, et que du bord des indépendants, il y a moins d’opposition systématique et de gens de mauvaise foi. »

Mme Miron soutient que la « nouvelle vision » de ce que doit être une ville semble aussi avoir percolé au sein de l’administration municipale. « Au début, on racontait que les fonctionnaires nous voyaient arriver en hurlant de terreur, mais c’est faux, insiste-t-elle. Il y a plein de monde dans l’administration qui tripe sur nous, mais qui ne peuvent pas le dire et qui ne peuvent pas prendre leur carte de membre. Nous faisons avancer les choses, les gens le reconnaissent. Nous sommes dans notre époque. »

Victoire du Quartier-du-Musée

Sur le terrain des réalisations, la protection du Quartier-du-Musée a été « une victoire retentissante », note Mme Miron. Selon elle, cette décision majoritaire du conseil municipal démontre que la Ville est à l’écoute des citoyens. « Si nous avions amendé le projet de citation, nous serions allés à l’encontre de nombreuses initiatives citoyennes faites au fil des ans, explique-t-elle. Les gens sentent qu’il y a maintenant un respect de la parole citoyenne. C’est ça qui est ressorti des commentaires après le vote. C’est fini le temps où les promoteurs avaient carte blanche. Les élus d’Action Gatineau ne sont pas les seuls au conseil à souhaiter un développement plus harmonieux. » Action Gatineau ne s’attribue pas l’ensemble du grand chantier de réfection du boulevard Saint-Joseph, amorcé en début de semaine dernière, mais Mme Miron soutient que son parti est grandement responsable de l’intégration au projet d’un nouveau concept de développement urbain. « Nous avons amené la réflexion pour qu’on repense nos artères, pour en faire des rues plus complètes, moins toutes à l’auto, dit-elle. C’est nous qui avons insisté sur l’importance de reverdir, d’élargir les trottoirs et d’avoir moins de stationnements sur rue. »

Action Gatineau a continué de faire de Gatineau une ville qui est de plus en plus à échelle humaine en ce début de mandat, note Mme Miron. Le prolongement des heures d’ouverture des piscines pendant l’été et le programme qui récompense les écogestes élaboré en collaboration avec la conseillère indépendante, Audrey Bureau, en sont des exemples, précise la conseillère. « D’avoir obtenu un appui unanime du conseil et des gouvernements pour le train léger dans l’ouest est aussi un bel accomplissement, dit-elle. C’était dans le programme d’AG depuis le jour un. »

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PRÉVOIR L'APRÈS-PEDNEAUD-JOBIN

Le chef d’Action Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, est bien en selle à la tête de son parti. Il profite d’un niveau de confiance unanime des membres de son parti. Il indiquait au Droit, il y a un an, vouloir briguer un troisième mandat comme maire de Gatineau, mais cela n’empêche pas sa formation politique de commencer à réfléchir à l’après-Pedneaud-Jobin dès maintenant. 

« Le parti ne va pas mourir quand M. Pedneaud-Jobin annoncera son départ, mais on peut commencer à penser à la suite des choses, estime la présidente du caucus d’Action Gatineau, Isabelle N. Miron. J’ai l’impression qu’il a encore le goût et l’énergie, mais nous sommes un jeune parti en très bonne santé démocratique. Rien ne nous empêche de nous questionner sur une éventuelle course à la chefferie. Il y a bien des gens dans le parti qui seraient très ouverts à avoir une chef. »

Mme Miron indique qu’elle ne serait pas contre l’idée d’imposer un nombre maximum de mandats pour le chef du parti. Cette idée avait circulé au début de la fondation d’Action Gatineau. La conseillère Myriam Nadeau songeait à l’époque à soumettre aux membres une résolution limitant à deux le nombre de mandats pour un chef, mais le projet n’a jamais dépassé le stade de l’idée. Mme Miron dit continuer à être ouverte à un tel concept. « C’est quelque chose qu’on peut envisager, mais en même temps, ce n’est pas parce que tu as fait trois mandats que tu n’as plus rien à offrir, dit-elle. Maxime fait un excellent travail et il serait le premier à être ouvert à avoir ce débat. »

Entre-temps, Action Gatineau continue d’étendre ses activités sur le territoire, notamment grâce à la création récente des comités de secteur. Le membership continue de croître et avoisine actuellement 2000 membres, indique Mme Miron.