Les travaux de modernisation de 62 millions $ sont terminés à l'usine de production d'eau potable du secteur Hull, qui a été visitée par les médias, les élus et les fonctionnaires jeudi.

Un chantier de huit ans s’achève à l’usine de production d’eau de Hull

Les travaux de modernisation de l’usine de production d’eau potable de Hull sont terminés. Six ans d’ingénierie et deux ans de travaux. Les Hullois se souviendront des cinq jours d’avis d’ébullition d’eau lors du remplacement, en 2018, de la conduite maîtresse. Mais c’est tout ce dont ils se souviendront de cet énorme chantier de 62 millions $.

Pendant les 28 mois qu’ont duré les travaux, aucune interruption des systèmes de traitement et de production n’a été enregistrée. La Ville de Gatineau s’est félicitée, jeudi, d’avoir réussi cette « opération à cœur ouvert » au cours de laquelle chaque étape a été, dit-on, « parfaitement coordonnée ». 

« Quand on se trompe dans ce genre de dossier, on en parle beaucoup, mais quand on est bon, on en parle moins, a lancé le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Au conseil, on est très fier de ça. »

Le maire a rappelé que la qualité de l’eau est une priorité de la Ville de Gatineau. 

« La production d’eau potable impose une tolérance zéro à l’erreur, et c’est pourquoi on s’est donné des standards de traitements d’eau potable qui vont au-delà des normes provinciales exigées. »

De fait, l’eau qui sortira de l’usine de Hull contiendra désormais moins de sous-produits de désinfection et de matières organiques grâce à un nouveau système de filtration plus performant. 

Techniquement, on parle de filtration biologique et d’un nouveau procédé d’interozonation. 

La nouvelle capacité de production de l’usine lui permettra de filtrer l’équivalent de 30 piscines olympiques par jour. C’est huit de plus qu’auparavant. Même si la grande majorité des gens ne verront jamais de leurs yeux les travaux exécutés à l’usine de Hull, ils peuvent voir cette dépense en infrastructures comme un investissement dans la qualité de vie de 86 000 citoyens, a assuré le maire.

« L’usine sera plus facile à entretenir, il y aura moins de changement de pression et moins d’avis préventifs d’ébullition de l’eau, a-t-il noté. Si quelque chose casse, on peut continuer à produire. L’eau sera de meilleure qualité. C’est vraiment une usine moderne qui assure l’approvisionnement en eau potable pour les 20 prochaines années. » 

Les travaux ont été en grande partie financée les gouvernements du Québec et du Canada (57,1 millions $) par l’entremise du Fonds de la taxe sur l’essence. Gatineau a financé les cinq millions $ restants.

En 2017, en raison des travaux de modernisation de cette usine, la Ville de Gatineau avait interdit pendant quatre mois l'arrosage mécanique pour les 140 000 citoyens des secteurs Hull et Aylmer.

QUELQUES CHIFFRES...

- À Gatineau, la consommation d'eau quotidienne en été varie de 660 à 880 litres par personne

- Un tuyau d'arrosage déverse 1000 litres d'eau à l'heure, l'équivalent de ce qu'une personne boit en trois ans

- Fermer le robinet pendant le brossage des dents permet d'économiser jusqu'à 6000 litres d'eau par an

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Infrastructures: Gatineau répète qu’elle n’y arrivera pas seule

Gatineau vient de mettre un autre grand chantier d’infrastructure derrière elle. Trois des quatre usines de production d’eau potable ont été modernisées. Au tour maintenant de celle de la rue Notre-Dame, à Gatineau. Quand ce sera terminé, d’ici environ six ans, ce sont 160 millions $ qui auront été investis dans la modernisation de ces infrastructures. 

Des grands chantiers d’infrastructures, il en reste encore beaucoup dans les cahiers des ingénieurs de la Ville de Gatineau. Ce n’est pas pour rien, rappelle le maire Maxime Pedneaud-Jobin, que le déficit dans l’entretien des infrastructures des Gatinois atteint 1,3 milliard $. « Il y a encore tout le chantier de l’eau jaune (50 M $) qui est énorme, le plan de gestion des eaux de surface (25 M $), ce qu’on doit faire avec les quartiers inondés, et là je n’ai même pas encore parlé d’asphalte. »

Le directeur du service des infrastructures de la Ville de Gatineau, Jean Audet, précise que la planification de la modernisation de l’usine de production d’eau est en marche. Il y a aussi un autre très important projet à l’usine de traitement des eaux usées de Gatineau qui est en cours. 

« L’autre priorité [dans le domaine de la gestion de l’eau] ce sont nos canalisations, les égouts et aqueducs », dit-il. 

Devant l’ampleur de la tâche, le maire de Gatineau répète que la Ville n’y arrivera pas seule. 

« On gère 60 % des infrastructures publiques et on reçoit 8 % des taxes et impôts, rappelle-t-il. Si le gouvernement ne réforme pas la fiscalité municipale, on ne sera jamais capable de faire face à ça. »

Le maire Pedneaud-Jobin quittait Gatineau jeudi pour se rendre à Québec où il doit participer au conseil d’administration de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). 

Le sujet du pacte fiscal avec Québec n’est pas à l’ordre du jour, mais il devrait meubler bien des discussions de corridors. L’UMQ a récemment haussé le ton face au gouvernement Legault sur la question du transfert aux villes d’un point de la TVQ.