Le boisé situé entre la future bibliothèque municipale et un complexe domiciliaire locatif de la rue Bruxelles sera complètement rasé.

Un boisé protégé du Plateau sera rasé pour un projet immobilier

L’un des derniers boisés protégés en raison de sa valeur écologique dans le secteur du Plateau sera bientôt complètement rasé afin de faire place à un complexe immobilier de près de 400 unités de logement. Le conseil municipal, par une forte majorité, a donné son aval au projet, mardi, en précisant qu’il s’agissait d’un projet qui cadre dans la vision de développement durable de la Ville de Gatineau.

Le complexe locatif du promoteur Junic sera construit sur le terrain situé au 225, rue de Bruxelles, entre la nouvelle bibliothèque Donalda-Charron et le boulevard du Plateau. Le promoteur précise que son projet comprendra deux niveaux de stationnement sous-terrain, deux piscines dont une extérieure sur le toit, un gymnase, une salle de réception et une cour intérieure comprenant un parc à chien. À l’origine destiné à une clientèle de personnes âgées, l’immeuble accueillera finalement des personnes seules et des ménages comptant deux personnes. Le projet avoisine 100 millions $.

Le projet n’est pas sans provoquer certaines critiques dans le quartier. Le vice-président de l’Association des résidents du Plateau et ancien conseiller du quartier, Alain Pilon, s’est présenté devant le conseil municipal, mardi, afin de demander des explications.

« Comment un boisé qui est protégé depuis dix ans peut-il devenir un terrain qui subitement n’a plus aucune valeur écologique ? », a-t-il demandé à la conseillère du quartier, Maude Marquis-Bissonnette. « Pour le boisé, je ne peux qu’être d’accord avec vous, a-t-elle reconnu. Il semble que cette orientation de préserver le milieu naturel se soit perdue avec le temps. J’ai posé beaucoup de questions aux services. »

En entrevue avec Le Droit, la conseillère explique que l’identification de ce boisé comme un lieu de protection date de plusieurs années, alors que le boulevard du Plateau n’avait pas encore été aménagé. « Nécessairement, quand on passe une artère au milieu d’un boisé, parce que c’est ce qui a été fait, ça a un impact partout autour. La valeur écologique du terrain n’est plus du tout la même aujourd’hui, elle a beaucoup diminué. »

Mme Marquis-Bissonnette a voté en faveur du projet de Junic, notamment en raison de ses qualités en matière de développement durable. L’absence de stationnement de surface, l’incorporation d’éléments de bâtiments verts à la construction, sa proximité avec un futur lien de transport en commun et la recherche architecturale faite par le promoteur ont convaincu la conseillère d’appuyer le projet.

« Ce qu’il faut faire, c’est de réfléchir aux outils qu’on a pour conserver les boisés de protection », dit-elle. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a confirmé que la révision de ces outils doit avoir lieu au courant de l’année. « La réglementation actuelle, il faut la changer, il faut resserrer ça, mais je ne sais pas encore jusqu’où on va aller, a-t-il dit. Notre position est claire, on veut protéger le plus de boisés possible. »

Parc Central

Un bout du boisé protégé sera toutefois épargné.

Il se trouve à l’arrière du Parc Central. L’endroit est cependant visé par la phase II du parc et doit accueillir des infrastructures sportives comme un terrain de baseball, un terrain de soccer, des courts de tennis et peut-être une piscine extérieure.

« On doit refaire une consultation publique au printemps pour savoir ce que les gens souhaitent comme infrastructures, a noté Mme Marquis-Bissonnette. Je propose qu’on préserve une partie du boisé. Peut-être qu’il y aura des choix à faire pour protéger plus d’arbres. »