Un chauffeur de la STO a été reconnu coupable de voies de fait sur un usager.

Un ancien chauffeur de la STO coupable de voies de fait

Le chauffeur d’autobus de la Société de transport de l’Outaouais (STO) qui était accusé de voies de fait ayant causé des lésions corporelles sur un passager lors d’un incident survenu en novembre 2017 a été reconnu coupable plus tôt cette semaine.

Dans sa décision, le juge Richard Laflamme de la Cour du Québec a indiqué que la crédibilité était l’enjeu principal du litige en raison des versions contradictoires des faits rapportés par l’accusé, Alain Blanc, et la victime, Luc Langlois.

Les événements se sont produits dans un autobus articulé de la ligne 200.

Le véhicule était bondé. Des usagers voulaient débarquer à une station, mais les portes ne se sont pas ouvertes. Le véhicule a redémarré presque aussitôt, mais des usagers se sont mis à crier d’arrêter. Le chauffeur a ensuite immobilisé son véhicule en raison d’une panne. Les passagers avaient été appelés à débarquer.

Le plaignant, M. Langlois, avait oublié son parapluie à son siège. Il était remonté à bord de l’autobus pour le récupérer. C’est à ce moment que les versions présentées par M. Langlois et l’accusé, M. Blanc diffèrent de façon significative, a souligné le juge Laflamme dans sa décision.

M. Langlois a affirmé avoir été agressé par le chauffeur, qui n’est d’ailleurs plus à l’emploi de la STO.

« En passant à côté du conducteur, il n’a aucune interaction avec lui. Lorsqu’il se trouve près du siège qu’il occupait, il sent une main sur son épaule qui le fait pivoter. Il entend un juron et se fait frapper sur la partie supérieure du nez. Il se met à saigner abondamment », relate notamment le magistrat, selon la version de M. Langlois.

De son côté, M. Blanc a témoigné que deux passagers, dont M. Langlois, l’ont injurié et lui ont reproché d’avoir volontairement arrêté le véhicule. Il a affirmé être la victime dans cette affaire et avoir été empoigné par M. Langlois. Pour se défendre, il dit l’avoir aussi empoigné et est tombé sur le dos.

« M. Langlois est par-dessus lui. Apeuré, il assène un coup de poing au visage de M. Langlois », raconte le jugement, reprenant la version du chauffeur.

Le juge Laflamme ne retient pas la légitime défense invoquée par le chauffeur, et dit ne pas croire sa version des faits.

« S’il faut retenir que l’événement débute véritablement par les cris de deux passagers frustrés de ne pouvoir sortir à la station Casino, il est plutôt invraisemblable que le défendeur (M. Blanc) ait pu les identifier sans délai et ce, parmi les quelque 100 passagers qui se trouvaient à bord. (...) M. Langlois n’avait aucun intérêt à se plaindre de l’absence d’arrêt puisqu’il poursuivait son chemin jusqu’à une autre station », a entre autres expliqué le magistrat.

M. Blanc a 30 jours pour en appeler de la décision.

M. Langlois a intenté en 2018 une poursuite au civil de 140 000 $ contre le chauffeur d’autobus, la STO et la Ville de Gatineau pour dommages physiques et psychologiques. Une date d’audition est prévue le 10 février 2020.

L’avocat de M. Langlois, Me Paul Fréchette, a indiqué que son client a manqué d’un à deux mois de travail à la suite des événements. M. Langlois avait subi une opération au cerveau au début des années 2000.

« C’est certain qu’il ne faut pas qu’il se mette à risque. Il ne doit pas être violent. Ce n’est pas un homme violent de toute façon. Il ne doit pas être impliqué dans une altercation puisque ça peut être dangereux pour sa vie », a expliqué Me Fréchette.