La «stacked townhouse» ou maisonnette superposée pourrait être l’avenir de du concept de densité résidentielle dans l’ouest de la Ville de Gatineau.

Trente ans de ruée vers l’ouest

Les trente prochaines années à Gatineau donneront lieu à une ruée vers l’ouest. Le potentiel de développement domiciliaire identifié par la Ville dans son schéma d’aménagement pour tout ce qui se trouve à l’ouest de la rivière Gatineau atteint carrément le double de ce qui est envisagé à l’est.

La récente étude sur le lien rapide vers l’ouest offre au moins deux réponses claires. La Société de transport de l’Outaouais (STO) devra prévoir l’aménagement de deux axes de transport en commun, Allumettières et le chemin d’Aylmer, et les décideurs devront être conscients, au moment de choisir la technologie à privilégier, qu’un service rapide par bus (SRB) sera saturé à long terme.

On comprend un peu pourquoi ces deux éléments sont importants en jetant un coup d’œil à la carte du « calcul du potentiel de logements » qui a servi à l’élaboration du nouveau schéma d’aménagement de la Ville de Gatineau.

À l’ouest du Boulevard Saint-Raymond, dans un rayon de 700 mètres tout le long du boulevard des Allumettières, c’est un peu plus de 6000 nouvelles habitations qui doivent voir le jour d’ici 2051. Il faut calculer, en moyenne, un peu plus de deux personnes par habitation. Un peu plus loin, au nord, près du chemin Antoine-Boucher, un secteur complet a été qualifié d’air d’expansion urbaine. Près de 3500 habitations y seront implantées. Cela représente des milliers de personnes de plus qui emprunteront le boulevard des Allumettières, matin et soir, pour se déplacer.

Le Vieux-Aylmer est aussi appelé à connaître un développement important et le transport en commun aura là aussi un rôle à jouer. Un peu plus de 1000 habitations sont attendues dans ce seul noyau urbain, déjà assez densément construit. Il s’agira surtout d’insertion résidentielle qui permettra d’accroître la densité. La Ville vise une densité moyenne de 40 logements à l’hectare. Le caractère patrimonial et champêtre de l’endroit s’inscrira à la liste des enjeux importants. Le cas du 22, rue Principal en est déjà un bon exemple.

« Dans notre structure urbaine, le développement se fait dans tout l’arrachement autour [des axes de transport en commun], explique la directrice du module de l’aménagement du territoire et du développement économique, Catherine Marchand. On s’attend aussi à ce qu’il y ait une densification graduelle dans les secteurs de requalification. Il y a, par exemple, de nombreux projets de densification dans les cartons sur le chemin d’Aylmer. »

Il y a évidemment le centre-ville, qui occupe le sommet de la pyramide dans la hiérarchisation des marchés d’habitation déterminée par la Ville. Près de 10 000 nouvelles habitations doivent y être érigées au cours des trois prochaines décennies.

À l’est
La demande sera aussi très forte dans l’est. Mme Marchand rappelle que tout le pôle de la Cité offre un « très gros potentiel de développement ». Plus de 4400 habitations sont attendues essentiellement au sud du boulevard Saint-René, entre le boulevard Gréber et la montée Paiement. « La demande est très forte là actuellement », ajoute-t-elle.

Les alentours des stations Labrosse et Lorrain du Rapibus sont aussi appelés à être densifiés. Ce sont près de 2000 habitations supplémentaires qui doivent être construites dans un rayon de moins d’un kilomètre de ces deux stations.

Buckingham et Masson-Angers seront pour leur part le théâtre d’un peu d’étalement urbain. De nouveaux développements domiciliaires prévus dans les zones d’expansion ajouteront près de 3600 habitations dans l’extrême est de Gatineau.

L’ouest de la Ville de Gatineau est appelé à se développer beaucoup plus rapidement que l’est. La Ville estime que le développement résidentiel dans ce secteur doublera celui des autres secteurs, comme le montre  cette carte prise sur le site web de la Ville de Gatineau.

La maisonnette superposée pour densifier

Un nouveau type d’habitation est sur le point d’apparaître dans les rues de Gatineau. La « Stacked Townhouse », ou maisonnette superposée, est de plus en plus populaire à Montréal et est déjà bien implantée à Toronto. Son arrivée à Gatineau est imminente.

« Ça fait de plus en plus partie des discussions qu’on a avec les promoteurs, confirme Catherine Marchand, directrice du module du développement du territoire et du développement économique de la Ville de Gatineau. C’est une forme d’habitation émergente et le service de l’urbanisme se fait de plus en plus approcher avec ce type de construction. »

Pour une ville qui souhaite à la fois densifier ses quartiers déjà existants tout en conservant une échelle humaine, la maisonnette superposée offre plusieurs avantages, note Mme Marchand. « Ça permet d’abord de doubler le nombre d’unités sur le même terrain, dit-elle. Ensuite, les stationnements sont très souvent sous terrain. À certains endroits, plusieurs immeubles de ce type se partagent, à l’arrière, un grand espace vert commun et aménagé. »

Sur le site Internet Habiter Montréal, la maisonnette superposée est présentée comme une maison de ville qui allie les principes du condominium. Un ménage occupe le sous-sol et le rez-de-chaussée, et une autre occupe le 1er et le 2e étage. La formule attire particulièrement les jeunes familles, notamment parce que le prix est moindre que pour une maison en rangée, et aussi parce que c’est plus intime qu’un condominium. Il s’agit aussi d’un modèle jugé intéressant et efficace pour une occupation multigénérationnelle. 

Les grands-parents à l’étage occupent leur propre maison et la petite famille occupe les deux étages inférieurs.