Gabrielle Arguin, membre de Sherbrooke Citoyen, a interpellé les élus pour les inviter à imiter Gatineau dans ses efforts de transparence.

Transparence à l’hôtel de ville : Gatineau comme modèle?

SHERBROOKE — « Il faut arrêter de faire la chasse aux sorcières. Il y a zéro mauvaise intention », a répondu la présidente du conseil municipal, Nicole Bergeron, à une citoyenne qui s’interrogeait lundi sur la baisse du nombre d’ateliers publics à l’hôtel de ville de Sherbrooke. Gabrielle Arguin, membre de Sherbrooke Citoyen, suggère aux élus de prendre exemple sur le conseil municipal de Gatineau.  

Mme Arguin est intervenue dans la période des questions des citoyens à la suite d’un article de La Tribune qui relevait que 38 résolutions avaient fait l’objet de présentations publiques en ateliers de travail public en 2018, contre 74 en 2014 et 110 en 2016.

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« En tant que citoyenne, je suis inquiète de constater un tel recul. Rappelons-nous que des procédures telles que des pléniers publics sont plus qu’un simple exercice de transparence : elles permettent d’impliquer le citoyen et la citoyenne dans des dossiers qui les concernent, dans un processus décisionnel qui les affectera plus et moins directement. Est-ce qu’on a [tenu] pour acquis quelque chose qu’on est en train de perdre graduellement? C’est une question que je nous lance », dit Gabrielle Arguin.

Rappelant que la proposition de Sherbrooke Citoyen de rendre publiques les discussions sur le budget avait été rejetée, la citoyenne estime que l’appareil politique aurait avantage à faire preuve de plus d’ouverture à l’hôtel de ville. « Nous sommes constamment confrontés au cynisme ambiant à l’égard de la politique et des politiciens. En tant qu’élus, vous avez la responsabilité de combattre ce cynisme et de réintéresser les gens à la politique municipale.

« Si le problème est au niveau de la planification de l’agenda. Sherbrooke pourrait s’inspirer de la formule en place à Gatineau où, de façon collégiale, l’ensemble des élus sont invités à participer à l’élaboration de l’agenda et à déterminer, par majorité simple, ce qui doit nécessairement être traité ou pas en huis clos, et des dossiers méritant d’être présentés en plénier public. »

Vérification faite, à Gatineau, l’agenda est déterminé par le maire et le comité exécutif, le président du conseil, la direction générale, le service des communications et la greffière. Comme à Sherbrooke, le huis clos est imposé pour des dossiers de ressources humaines ou des affaires juridiques, explique Laurence Gillot, attachée de presse du cabinet de la mairie.

« Toutes les décisions se prennent en public. Quand un élu n’est pas d’accord avec le huis clos, c’est la responsabilité du président d’expliquer pourquoi le huis clos est nécessaire. Si l’élu n’est pas satisfait, il peut demander le vote et renverser le huis clos », mentionne Mme Gillot.

Il n’a pas été possible, mardi, de savoir si cette façon de faire s’appliquait à Sherbrooke.

La présidente du conseil sherbrookois, Nicole Bergeron, a rappelé lundi que la planification de l’agenda relève d’elle, du directeur général, de la greffière et d’un représentant du cabinet de la mairie. « Ne prêtez pas de mauvaises intentions ni à moi et surtout pas au maire ou aux membres du conseil municipal. Ça n’a rien à voir. Je n’ai pas suivi la statistique parce qu’on ne fonctionne pas avec des statistiques pour dire combien nous aurons de comités publics. On va regarder ce qu’on peut faire, mais il y a zéro mauvaise intention de notre part.

« Nous sommes un conseil municipal où nous prenons davantage de temps pour nous rencontrer à partir de 15 h le lundi. Ce soir en est un exemple. Mme [Caroline] Gravel, ça faisait trois fois que nous reportions le plénier public dans lequel elle devait présenter le bilan des travaux routiers et on a décidé de lui permettre de le faire ce soir en séance du conseil municipal. Des comités publics, il va y en avoir quand on va trouver que c’est justifié de venir expliquer les dossiers au public et aux journalistes. Mais en même temps, il y a des élus qui nous disent qu’ils trouvent ça lourd d’entendre parler trois fois du même dossier. »

Dans un lac-à-l’épaule au cours des derniers jours, les élus de Gatineau ont par ailleurs proposé qu’à défaut de rendre les discussions des huis clos publiques, les sujets abordés soient systématiquement divulgués. Le conseil devra entériner cette proposition dans les prochaines semaines.

Enfin, Gatineau fait ses discussions budgétaires en public. Celles-ci sont webdiffusées et les élus sont rendus disponibles en cours de processus pour des entrevues avec les journalistes.