Le futur tramway dans l'ouest de Gatineau
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Tramway: le destin du projet « entre les mains du fédéral »

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Construire un tramway qui part du fond d’Aylmer et qui aboutirait dans un tunnel sous la rue Sparks, à Ottawa, coûtera plus que les 2,1 milliards auparavant évalués, reconnaît Maxime Pedneaud-Jobin. C’est toutefois le seul indice financier que le maire acceptera de divulguer sur l’évaluation plus précise des coûts du projet en entrevue avec Le Droit plus tôt cette semaine. 

Si le conseil municipal de la Ville d’Ottawa choisit, mercredi, l’option du tunnel au centre-ville pour protéger la fluidité des déplacements devant le Parlement, comme semblent le favoriser plusieurs élus, ce sera à un tout autre projet que ce qui avait d’abord été présenté en 2018 que la région de la capitale nationale aura affaire. 

Alors que le gouvernement du Québec a déjà confirmé — sur la base de l’évaluation de 2,1 milliards $ — sa participation à 60 % dans le projet, le fédéral se fait toujours tirer l’oreille. « C’est aussi là que l’engagement du fédéral devient nécessaire, explique M. Pedneaud-Jobin. Si on prend une option qui coûte plus cher, ça devient une décision des bailleurs de fonds de déterminer jusqu’où ils veulent aller. C’est à eux que revient de décider s’ils veulent en mettre plus, s’ils veulent un tunnel. C’est pour ça que la discussion se fait. Un tunnel serait construit à Ottawa. Est-ce que c’est Québec qui va payer pour cette partie-là ? Ça fait partie des discussions entre François Bonnardel [ministre des Transports du Québec] et Catherine McKenna [ministre fédérale de l’Infrastructure et des Collectivités]. Ça fait partie des discussions sur la gouvernance. C’est actuellement le projet le plus complexe au Canada. »

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Des élections ?

La possibilité d’une élection fédérale cet automne fait partie des éléments à ne pas sous-estimer dans ce dossier, surtout que, « le destin de ce projet est entre les mains du fédéral », affirme le maire de Gatineau. Le Parti conservateur a un nouveau chef qui courtise le Québec. La confiance de la Chambre envers le premier ministre Justin Trudeau est ébranlée depuis le scandale UNIS. Ce dernier présentera un discours du Trône le 23 septembre et entend en faire un vote de confiance. C’est à ce moment que le gouvernement pourrait tomber.  

« Un nouveau gouvernement nous forcerait à rencontrer le nouveau gouvernement, simplifie, M. Pedneaud-Jobin. Ce qui m’inquiéterait plus, c’est la question des délais. Ça prend combien de temps à un nouveau gouvernement pour se brancher sur un projet de 2 milliards $ ? Ce projet reste un outil pour lutter contre les changements climatiques, mais aussi de développement économique. Je crois que tous les partis peuvent s’y retrouver dans un grand chantier comme celui-là. »

Le maire Pedneaud-Jobin estime que le « discours » de la députation fédérale actuelle concernant le projet est le bon, « mais là ça prend des résultats, on arrive au moment où ça commence à presser », ajoute-t-il.

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