La Société de transport de l’Outaouais (STO) reporte de quelques mois le choix d’un scénario final pour le futur lien rapide de transport en commun dans l’ouest de Gatineau afin de mieux préciser son arrimage avec Ottawa.
La Société de transport de l’Outaouais (STO) reporte de quelques mois le choix d’un scénario final pour le futur lien rapide de transport en commun dans l’ouest de Gatineau afin de mieux préciser son arrimage avec Ottawa.

Tramway dans l'ouest: la STO reporte son choix final

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
La Société de transport de l’Outaouais (STO) reporte de quelques mois le choix d’un scénario final pour le futur lien rapide de transport en commun dans l’ouest de Gatineau afin de mieux préciser son arrimage avec Ottawa.

La décision qui devait se prendre d’ici la fin de l’hiver aura lieu au courant de l’année 2020, mais le transporteur public n’est pas en mesure de dire quand exactement pour l’instant. 

À la demande de la Ville d’Ottawa et avec l’accord de tous les partenaires impliqués dans le projet, la STO a pris la décision de devancer les analyses détaillées qui doivent être faites concernant l’insertion du futur système de transport gatinois à Ottawa. Ces études qualifiées de «primordiales» pour s’assurer de la viabilité, voir la réalisation même du projet étaient originalement prévues à l’étape suivante, celle de la conception préliminaire. 

Au terme de ces nouvelles études, l’ensemble des joueurs impliqués sauront avec exactitude de quelle manière s’arrimera le tramway de Gatineau au train léger d’Ottawa.  Est-ce que l’insertion à Ottawa se fera en surface où dans une infrastructure souterraine? Combien de stations devront être construites à Ottawa pour bien desservir la clientèle, et à quels endroits précisément? Quels seront les enjeux de sécurité sur un site aussi sensible qu’une capitale fédérale et tout ce que ça peut comporter en termes d’exigences? Quels seraient les impacts des travaux sur la circulation automobile et quelles sont les mesures de mitigation envisagées? Et finalement, combien coûtera cette section cruciale du réseau? L’ensemble du projet a été évalué à 2,1 milliards $ par le maire Maxime Pedneaud-Jobin en 2018. 

La réalisation de ces analyses oblige la STO à décaisser une somme de 730 000 $ des 16 millions $ réservés par le gouvernement du Québec pour les différentes études dans ce projet. La direction de la STO précise que la Ville de Québec avait aussi devancé ce type d’analyses, alors que comme pour Gatineau, le financement nécessaire à la réalisation du projet n’avait pas encore été confirmé par les gouvernements supérieurs. Pour le tramway de Gatineau, seul Québec a confirmé sa participation à 60 %. 

En public, à Ottawa

Plus de détails sur les éléments précis en analyse  du côté d’Ottawa seront dévoilés, ce printemps, lors d’une présentation publique faite par la STO devant le comité des transports de la Ville d’Ottawa. Les élus gatinois auront auparavant eu l’information dans le cadre d’une présentation qui sera faite à huis clos. Seulement deux choses sont déjà coulées dans le béton quant à l’insertion, à savoir que c’est le pont du Portage qui servira de lien entre les deux rives et que c’est un tramway qui le traversera. Toutes les autres décisions quant à l’insertion du tramway à Ottawa seront connues d’ici la fin de l’année, en même temps que le choix du scénario final pour l’ensemble du projet. 

«On ne brûle pas d’étapes, assure la présidente de la STO, Myriam Nadeau. On devance des analyses supplémentaires sur les options d’insertion à Ottawa à la demande de nos partenaires. C’est un projet qui a l’appui du gouvernement du Québec, qui est prioritaire pour le premier ministre François Legault et tous nos partenaires nous recommande d’aller de l’avant maintenant avec ces analyses supplémentaires.»

Mme Nadeau confirme que la nouvelle séquence empêchera la STO de respecter l’échéancier dicté par le gouvernement fédéral pour le dépôt de l’étude complémentaire pour laquelle il a participé au financement. Elle assure cependant que des discussions sont en cours à cet effet entre Québec et Ottawa et se dit confiante que ce délai ne viendra pas compromettre le financement fédéral accordé pour sa réalisation. 

Le plus complexe

Ce projet de tramway sur lequel travaille conjointement la Ville de Gatineau, la Ville d’Ottawa, la STO, OC Transpo, la Commission de la capitale nationale (CCN) et la direction des grands projets du ministère des Transports du Québec est actuellement le projet d’infrastructure le plus complexe dans tout le Canada. Les contraintes physiques posées par la proximité de la Cité parlementaire et le cadre bâti dans les deux centres-villes ne sont pas simples, reconnaît la STO, mais c’est surtout l’environnement légal dans lequel interviennent de nombreuses juridictions qui fait qu’il n’y a aucun manuel d’instruction pour mener à bien un tel projet. 

«C’est extrêmement complexe le contexte dans lequel on doit opérer, a souligné Mme Nadeau. On est en train de faire quelque chose qui n’a jamais été fait. Le statu quo n’est soutenable pour personne et c’est pourquoi tous les partenaires collaborent pour en arriver à un vrai projet métropolitain. C’est très complexe et on avance à une cadence qui est la bonne dans ce contexte-là.»

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Le rail l’emporte officiellement sur l’autobus

Un réseau de type Rapibus pour desservir l’ouest de la ville de Gatineau, de bout en bout, a officiellement été rejeté par la Société de transport de l’Outaouais (STO).

Le futur lien rapide de transport en commun aura des rails. Des cinq scénarios à l’étude, trois sont encore en évaluation. Celui ne comprenant qu’un tramway, et deux autres scénarios hybrides comprenant à la fois un tramway et des autobus. Il est cependant hors de question que l’insertion à Ottawa se fasse avec des autobus.

La présidente de la STO, Myriam Nadeau, a précisé qu’un système opéré uniquement par des autobus est été jugé «non viable» par l’ensemble des partenaires impliqués dans le projet pour répondre à la demande future sur un horizon de 15 ans.

Des données diffusées par la STO précisent que le nombre d’usagers qui traverseront le pont du Portage aux heures de pointe passera de 3500 à 7500 à l’heure d’ici 15 ans.

Pour desservir une telle clientèle, il faudrait faire traverser à Ottawa 170 autobus réguliers à l’heure ou 105 autobus articulés.

La capacité maximale d’une voie réservée comme celle qui traverse le pont du Portage est de 80 autobus à l’heure.

Quant au tramway, la STO évalue qu’environ 25 ensembles de tramways à l’heure seront suffisants.