Gatineau veut construire un tramway qui ressemblerait à celui de Toronto et se demande déjà où seront les défis.

Tramway dans l'ouest de Gatineau: la STO veut prévenir les coups

EXCLUSIF / Sentant que l’adhésion de la population pour le projet de tramway dans l’ouest de Gatineau n’est pas gagnée d’avance, la Société de transport de l’Outaouais (STO) a décidé de faire appel à une firme spécialisée dans les démarches d’« acceptabilité sociale ».

Le transporteur public a octroyé, au début du mois, un contrat de 19 660 $ à l’entreprise Hill and Knowlton Stratégies, basée à Québec, pour l’accompagner dans cette démarche. La description du mandat demandé à l’entreprise, publié sur le système électronique d’appel d’offres du gouvernement du Québec (SEAO), énumère plusieurs enjeux où ça pourrait accrocher au chapitre de l’acceptabilité sociale.

« Le secteur à l’étude étant un milieu bâti existant et bien établi, l’ajout d’un système structurant de transport collectif présente un défi de taille, peut-on lire. Son intégration devra respecter les spécificités du contexte urbain et les contraintes locales, tout en acceptant que certains impacts soient requis pour en assurer son intégrité et les performances souhaitées. »

Ainsi, les principaux enjeux que voit poindre à l’horizon la STO touchent principalement la réduction du nombre de voies de circulation et de voies de virage, les impacts sur la disponibilité de stationnement sur rue, le bruit et les vibrations ressenties dans les bâtiments riverains et les expropriations, mineures ou majeures, qui pourraient toucher des commerces et des résidences le long de l’éventuel tracé.

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La porte-parole de la STO, Karine Sauvé, affirme que l’ampleur du projet et sa complexité ne donnent d’autre choix à la STO que de prévoir un volet sur l’acceptabilité sociale. « Nous l’avions fait aussi dans le cas du Rapibus, mais beaucoup plus tard dans le processus, explique-t-elle. C’était notre premier gros projet et nous avons appris de ça. On a décidé, cette fois, d’agir beaucoup plus rapidement. On parle d’un projet dans un milieu urbain densément peuplé. Il sera important de dialoguer avec les gens, surtout les riverains, le plus tôt possible dans le processus pour les informer de ce qui s’en vient. »

Mme Sauvé explique que le but de l’exercice est d’établir « une relation » avec les riverains. « Ce n’est pas une consultation, dit-elle. C’est un dialogue. Ce sera des rencontres presque individuelles avec les citoyens et les commerçants qui vivront les impacts liés au projet. C’est pour nous permettre de répondre à leurs préoccupations. Comme nous serons très tôt dans le processus, ça va nous permettre de mettre en place des mesures de mitigation mieux adaptées aux besoins des collectivités touchées. On aura ainsi plus de temps et plus de latitude pour intégrer ça dans nos plans et devis. »

La description du mandat octroyé à Hill and Knowlton précise que la STO devra pouvoir bénéficier du soutien des élus, des gens d’affaires, des « influenceurs », du grand public et des médias. Les premières étapes de ce dialogue qui s’étendra tout au long de la construction du lien structurant auront lieu en 2020, à la suite du dépôt du rapport d’étude final.