Le député fédéral Greg Fergus et le maire Maxime Pedneaud Jobin surpris en pleine conversation lors du Sommet Évo.

Trains légers: plus d’un pont pourrait servir

Le pont Prince-de-Galles pourrait ne pas être le seul endroit où le futur train léger de Gatineau s’arrimera avec celui d’Ottawa. La Société de transport de l’Outaouais (STO) évalue présentement la possibilité d’arrimer les deux systèmes sur plus d’un pont.

La présidente de la STO, Myriam Nadeau, et le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, ont confirmé l’information, vendredi, en marge du Sommet ÉVO organisé par le Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO) auquel participaient, entre autres, le ministre des Transports du Québec, André Fortin, et le député fédéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus.

C’est d’ailleurs de la bouche ce dernier que le chat est sorti du sac. Dans un vibrant discours rappelant l’importance, selon lui, pour Gatineau de ne pas manquer l’opportunité de se doter d’un tel système de transport en commun, M. Fergus a vivement invité les instances concernées à envisager plus d’un point d’arrimage.

« Maintenant que le conseil municipal a pris sa décision, le travail débute, a-t-il lancé. La prochaine décision que les élus auront à prendre concerne le tracé. C’est un élément non négligeable du projet. Il doit y avoir plus d’un point de connexion si on veut bien arrimer notre système avec celui d’Ottawa. Il y a cinq ponts qui relient les deux côtés de la rivière et il faut évaluer chacun de ces liens, voir si c’est faisable, s’il y a intérêt à le faire et si c’est abordable. J’encourage la Ville et les instances à explorer les options qu’elles ont. Ce sera déterminant pour la valeur de ce projet. Construisons avec le futur en tête. »

De nature plus réservés sur les détails des projets en cours d’analyse, M. Pedneaud-Jobin et Mme Nadeau n’ont par la suite pas vraiment eu le choix de revenir sur les propos du député Fergus. « Ce sont des choses qui restent à déterminer, mais il pourrait y en avoir plus d’un [point d’arrimage], a indiqué Mme Nadeau. C’est prématuré de le dire aujourd’hui, on aura la discussion quand une proposition de tracé sera déposée. Nous travaillons sur ce qui sera le plus optimal pour nos usagers et ceux d’Ottawa. » Le maire Pedneaud-Jobin a précisé lui aussi qu’il pourrait y avoir plus d’un point d’arrimage avec le train léger d’Ottawa. « Nous travaillons là-dessus, nous ne voulons pas exclure des options d’emblée, il faut faire l’inverse, en regarder plusieurs et ensuite voir ce qu’on pourra déposer comme projet. »

Lors de son discours, M. Fergus a reconnu ne pas s’être privé de sa position d’élu pour affirmer ses idées dans le dossier du futur lien de transport en commun vers l’ouest de la Ville. « Je n’ai pas tenté de me fondre dans l’option la plus simple qui aurait été d’adopter la position véhiculée à la base par la STO, a-t-il lancé. Comme l’a dit George Clemenceau, la guerre est trop grave pour être confiée à des militaires, ce projet sur rails est trop important pour être laissé aux planificateurs. Je sais que j’ai bousculé les façons de faire. Je sais que j’ai fâché plusieurs personnes, autant à la STO qu’au conseil municipal. Mais le jeu en valait la chandelle. Des options n’avaient pas été considérées. Les rails n’étaient pas sur le radar même si une grande opportunité se présentait. Il ne fallait pas rater le train. »

Le ministre André Fortin a rappelé que le projet est bien présent dans les cartons du gouvernement du Québec. « La Ville et la STO ont encore des modalités à préciser sur le tracé et les coûts du projet, a-t-il indiqué. C’est ce qui manque pour avoir un engagement financier plus concret que ce qui est déjà sur la table. » Le maire Pedneaud-Jobin a de nouveau confirmé qu’un projet officiel sera déposé d’ici l’été, probablement en juillet.