Le maire Maxime Pedneaud-Jobin et le ministre François-Philippe Champagne auraient entamé des discussions sur le train léger.

Train léger gatinois: la «BIC» pourrait investir

Le ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, a ouvert la porte, mercredi, à une participation financière de la Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) dans le projet du futur train léger de Gatineau.

Cette éventualité fait partie, dit-on, des discussions qu’ont en privé le ministre Champagne et le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, depuis un certain temps, mais c’est la première fois qu’une telle avenue est identifiée publiquement. Les discussions à cet effet sont encore à l’étape préliminaire, tout comme les analyses du projet de train léger lui-même, mais elles sont suffisamment sérieuses pour que le ministre l’énonce publiquement. La BIC évaluerait une dizaine de projets à l’échelle nationale actuellement.

«Je félicite le maire Pedneaud-Jobin qui me parle de ce projet de train depuis le début, a lancé le ministre Champagne, en marge de la réunion du caucus des maires des grandes villes de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) qui se tenait mercredi à Gatineau. C’est un projet important qui est encore en analyse afin de déterminer l’ampleur des coûts. On est en mode accompagnement […], j’ai eu plusieurs discussions avec le maire. On a un outil à notre disposition qui est la Banque de l’infrastructure du Canada. On suit le projet du maire Pedneaud-Jobin avec énormément d’intérêt.»

Visiblement déçu de ne pas retrouver de réponse au problème de financement pour son projet de train dans le budget fédéral de mardi, le maire Pedneaud-Jobin empruntait un ton différent de la veille, mercredi, aux côtés du ministre Champagne. «Je suis très très positif parce que le projet lui-même, tout le monde le connaît, a-t-il lancé, lorsque questionné sur les chances de pouvoir éventuellement boucler le montage financier de son train léger estimé à 2,1 milliards $. La volonté politique est là, mais il faut transposer ça en un cadre financier précis. Je suis rassuré dans la mesure où tout le monde est de bonne foi.»

Le maire Pedneaud-Jobin a par ailleurs lancé un message au gouvernement du Québec sur la nécessité pour les trois paliers de gouvernement de travailler en étroite collaboration dans ce dossier.

«Il y a une chose avec laquelle je suis d’accord avec le ministre Champagne, c’est qu’il faut que les trois paliers de gouvernement soient assis ensemble, a-t-il insisté. Il y a plusieurs outils, plusieurs voies de passage, mais pour avoir un montage financier de 2 milliards $, il faut qu’on puisse s’asseoir les trois ensemble pour voir comment on peut travailler ces différents outils de financement. Présentement, tout le monde est là en principe, mais il faut que ça se transforme en cadre financier précis. On ne peut pas dépenser de l’argent indéfiniment [en études] sans avoir la garantie qu’au bout, l’argent pour le projet sera là.»

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Infrastructures vertes: Ottawa attend après Québec

Ottawa assure les villes du Québec qu’il comprend l’urgence d’agir pour adapter les infrastructures municipales à la réalité des changements climatiques. Le ministre fédéral des Infrastructures et des collectivités, François-Philippe Champagne, avait d’ailleurs un message pour le gouvernement de François Legault à ce sujet, mercredi, à la veille de la tenue du somment de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) sur les changements climatiques qui se tient à Gatineau. 

« On est sur la même longueur d’onde sur l’urgence d’agir, a-t-il lancé, entouré des maires des grandes villes. Les sommes sont disponibles. Il faut maintenant travailler avec les autorités provinciales pour débloquer ces sommes-là le plus rapidement possible. Avec l’UMQ et l’ensemble des maires, il y a une prise de conscience. Il faut en faire part au gouvernement du Québec. L’argent est disponible depuis déjà huit mois. Je crois qu’il est temps d’agir. J’en appelle aux collègues des municipalités de travailler avec Québec pour lancer les projets le plus rapidement possible. L’argent est sur la table, tout ce qui manque ce sont les projets. »

Le ministre Champagne a fait cette déclaration après avoir eu une présentation sur l’étude d’Ouranos que dévoilait Le Droit, mercredi matin, qui évalue à 4 milliards de dollars d’ici cinq ans les besoins des villes du Québec pour adapter leurs infrastructures à la réalité des changements climatiques. 

Le président de l’UMQ, Alexandre Cusson, a précisé avoir eu des discussions à ce sujet avec la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, la semaine dernière. Une enveloppe fédérale de 1,8 milliard $ est disponible pour financer des projets d’infrastructures vertes. Un autre fonds de 2 milliards de dollars à l’échelle nationale est aussi disponible à Ottawa pour financer des projets d’adaptation aux changements climatiques. « On est tous en mode solution, dit-il. On veut que ça se règle rapidement. Une des solutions c’est que les trois paliers de gouvernement puissent être assis à la même table. Ça fait longtemps qu’on le demande et on va continuer de le réclamer quand il est question d’infrastructures et de programmes qui touchent directement les municipalités. »