La directrice générale de la STO, Lyne Thiffeault

Train léger de Gatineau : l’ouest d’abord, Ottawa ensuite

La direction de la Société de transport de l’Outaouais (STO) se dit « consciente de l’irritant » provoqué par la présence de ses autobus dans le centre-ville d’Ottawa, un problème que le futur train léger ne réglera pas entièrement, mais la présidente, Myriam Nadeau, rappelle que le futur réseau sur rails est d’abord pensé pour répondre aux besoins des gens de l’ouest de la Ville de Gatineau.

Mme Nadeau a rappelé que le tracé préliminaire présenté par le maire Maxime Pedneaud-Jobin, à la fin juin, permettrait de réduire de 60 % le nombre d’autobus de la STO qui traverse la rivière des Outaouais et qui vont encombrer le réseau routier de la capitale fédérale. « Ce n’est pas négligeable, note Mme Nadeau. Et nous avons déjà diminué de 20 % le nombre d’autobus qui vont à Ottawa depuis la mise en opération du Rapibus. La STO est à l’écoute, elle fait ce qu’elle peut et va continuer de faire ses devoirs en ce sens-là. »

Au lendemain de la présentation du projet de 21, milliards $, le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, s’était dit surpris de constater que le plan proposé n’arrive pas à entièrement régler le problème. 

La présidente de la STO a voulu être claire avec son collègue du conseil municipal d’Ottawa, vendredi, lors de la présentation du bilan des six derniers mois. Ottawa devait devoir vivre encore un moment avec le choix du Rapibus fait dans le passé pour l’est. 

« Je comprends le commentaire de M. Fleury, et ce n’est pas pour rien qu’on a un groupe de travail conjoint, mais on doit se donner le temps d’aborder chacun des aspects et là nous sommes sur celui de l’ouest. Le focus de la deuxième étude sera sur les gens de l’ouest et leurs besoins. En ce moment, c’est de là que vient la pression. C’est là qu’il faut offrir une réponse et une solution viable. » 

La directrice générale de la STO, Lyne Thiffeault, a toutefois précisé que la deuxième étude sur le lien vers l’ouest amorcera une réflexion sur l’arrimage entre le Rapibus et le train léger de Gatineau. Le projet présenté par la Ville de Gatineau ne prévoit pas de connecter le Rapibus et le futur train léger. Les deux systèmes continueraient de fonctionner indépendamment l’un de l’autre. Les autobus du Rapibus continuerait ainsi de traverser à Ottawa.

Vigilance électorale

La semaine dernière, le ministre des Transports du Québec, André Fortin, affirmait au Droit que le projet présenté par Gatineau ne serait pas inscrit au programme d’infrastructures fédérales avant la publication de la deuxième étude, au début 2019, donc après les élections générales au Québec. 

« La Ville a fait ce qu’elle avait à faire en déposant son projet préliminaire pour demander l’engagement de tous les partis à Québec, note Mme Nadeau. Le projet fait partie du discours des premiers ministres Trudeau et Couillard et du ministre des Transports, André Fortin. Le gouvernement du Québec l’a ajouté dans son plan de mobilité durable. Un bureau de projet est mis en place. Nous avons des signaux positifs de tous les partis, mais on sera vigilant. Nous efforts seront soutenus pour obtenir les engagements qu’on veut et pour qu’ils se concrétisent. »