Les élus gatinois feront bientôt face à un autre gros débat à propos d’un important projet immobilier, cette fois au cœur du pôle culturel de la rue Montcalm.

Tour à bureaux sur Montcalm: Débat au conseil autour du projet Multivesco

Trop haut. Trop gros. Pas au bon endroit. Un an après avoir rejeté les tours Brigil dans le déchirement pour protéger le Quartier-du-Musée, le conseil municipal de Gatineau est de nouveau plongé dans un débat qui s’annonce épique et qui met en scène l’un des plus importants promoteurs immobiliers de la région.

La firme Multivesco veut construire un immeuble à bureaux de 20 étages pour héberger des fonctionnaires fédéraux en plein cœur du pôle culturel de la rue Montcalm. 

Le projet est évalué à plus de 100 millions $ et comme le révélait Le Droit, il y a deux semaines, pourrait se réaliser sans que les résidents du quartier aient la moindre chance de s’y opposer en raison de particularités de la réglementation urbanistique du secteur.

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Le vote final du conseil municipal concernant les modifications demandées par le promoteur pour construire plus haut et plus gros que ce qui est permis par la réglementation n’aura lieu qu’à la fin du mois d’août, mais le dépôt du projet de règlement, mardi soir, a donné un avant-goût du débat à venir. 

Onze conseillers ont voté en faveur d’augmenter la hauteur et la volumétrie permise, alors que six ont voté contre. 

Tous les élus d’Action Gatineau s’y sont opposés, à l’exception de Martin Lajeunesse. 

Des résidents du centre-ville se sont aussi présentés devant le conseil pour exprimer leur inquiétude concernant ce qu’ils jugent être de la précipitation pour adopter un projet qui va à l’encontre, selon eux, du Plan particulier d’urbanisme.

« On a encore Action Gatineau qui dit oui, mais pas là, a lancé la conseillère Louise Boudrias, lors du débat en caucus préparatoire, en après-midi, en faisant référence aux tours Brigil. J’ai hâte au jour où Action Gatineau aura le courage politique de dire où ce genre de projet peut être construit dans le centre-ville. »

La réplique du maire Maxime Pedneaud-Jobin n’a pas tardé. 

« L’affirmation de Mme Boudrias démontre que ce ne sont pas les partis qui font de la partisanerie dans un conseil, mais ce sont les individus, a-t-il lancé. À cet endroit, l’édifice est trop gros, trop massif et ne respecte pas la transition prévue entre les Terrasses de la Chaudière et le reste de la rue Montcalm. Il ne faut pas refaire les erreurs du passé. »

La conseillère Myriam Nadeau a pour sa part indiqué que le projet présenté par Multivesco ne va pas dans le sens que ce qui est prévu par le Plan particulier d’urbanisme du centre-ville qui identifie la rue Montcalm comme un lieu devant accueillir des résidents, des commerces et des éléments culturels. 

« Si attirer plus de fonctionnaires était la recette miracle, nous n’aurions pas été obligés de financer des subventions pour attirer plus de gens dans le centre-ville », a-t-elle lancé.

Après avoir refusé le projet des tours Brigil, projet auquel il s’était opposé, le conseiller Daniel Champagne a cette fois affirmé qu’il ne voit pas comment le conseil pourrait dire non au projet de Multivesco. 

« Combien de villes disent non à de tels projets ? a-t-il lancé. Je ne sais pas comment on pourrait dire non à ce projet sans qu’il y ait une perception négative à l’égard du conseil lorsqu’un projet d’investissement est présenté. »

Le président de la commission de développement économique, Jean-François LeBlanc, voit dans le projet de Multivesco une façon d’attirer des travailleurs dans le centre-ville et de renflouer les coffres de la Ville. 

« Le calcul est facile à faire, a-t-il dit. Les fonctionnaires, ce sont de bons emplois. Ce projet représenterait aussi 7 millions $ en taxes par année. Ce sont aussi des travailleurs qui ne seront pas pris sur un pont pour aller travailler. »