Le candidat à la mairie de Gatineau, Denis Tassé

Tassé veut permettre aux contribuables de « souffler un peu »

Denis Tassé a finalement fait son entrée officielle dans la course à la mairie de Gatineau, lundi, en proposant, pour 2018, la suspension de la taxe dédiée aux infrastructures afin de permettre aux contribuables de « souffler un peu ».
Il s'engage ainsi à maintenir la hausse des taxes municipales à 1,5 % pour les années 2018 et 2019. M. Tassé promet ensuite de ne pas dépasser des augmentations de 2,3 % pour les années 2020 et 2021, en incluant 1 % de taxe dédiée aux infrastructures. Sur une période de quatre ans, cela représenterait une augmentation du fardeau fiscal de contribuables gatinois de 7,8 %, soit trois points de pourcentage de moins que proposé, il y a deux semaines, par le maire sortant, Maxime Pedneaud-Jobin et son parti Action Gatineau.
Les autres candidats à la mairie, Sylvie Goneau et Clément Bélanger, demeurent imprécis sur les hausses de taxes qu'ils envisagent au cours d'un prochain mandat.  
M. Tassé s'est dit ouvert à sérieusement étudier la possibilité de reporter de quelques semaines l'adoption du budget 2018 afin de permettre au nouveau conseil de s'approprier les informations pertinentes et de prendre des décisions en conséquence. 
« Le carnet de commandes est plein et on n'arrive même plus à faire tous les travaux, a-t-il rappelé. Je trouve qu'il est inacceptable de continuer de percevoir une taxe dédiée. Nous suspendrons la taxe dédiée un an pour la réintroduite en 2019. Nous avons besoin d'une bonne année pour nous réorganiser et reprendre le retard qu'on a accumulé dans les travaux. Il n'y a que 49 % des travaux planifiés qui se feront cette année. C'était 64 % l'an passé. On ne peut pas continuer de mettre l'argent des contribuables de côté. Je pourrais vous dire que je vais faire 50 km de pistes cyclables de plus, mais on ne pourrait pas le faire. On va mieux s'organiser et en attendant, on va donner une petite pause aux contribuables. Il faut ramener notre taux de réalisation des travaux à 80 %, il faut viser ça. »
M. Tassé entend financer cette plus petite hausse des taxes en au moins deux mandats en allant piger dans les sommes réservées pour les travaux d'entretien des infrastructures, communément appelé le Plan triennal d'immobilisations (PTI). Il propose de transférer environ 7 % de l'argent prévu au PTI en 2018 pour financer la « pause fiscale » offerte aux contribuables. « Il y a aussi des surplus et des réserves qui pourraient servir », ajoute-t-il. 
D'autres économies
Les travaux de la commission de révision des dépenses ont permis de dégager des économies récurrentes de 15 millions $ depuis le début du présent mandat. Selon M. Tassé, la commission doit poursuivre son travail au cours des prochaines années. « Je suis convaincu qu'on est capable d'aller dégager 15 autres millions de dollars », soutient-il. 
Gatineau doit aussi s'inspirer des villes comme Montréal, Québec et Ottawa qui ont été en mesure de trouver des économies dans leur masse salariale. « Si ces villes ont fait des efforts, on est capable d'en faire nous aussi », insiste-t-il. 
Campagne de terrain
Denis Tassé reconnaît qu'il a pris du temps avant de proposer son premier engagement électoral. Il soutient toutefois qu'il suit à la lettre le plan de campagne qui a été établi par son équipe. « C'est important pour moi de faire une campagne de terrain et de connaître les besoins des citoyens pour leur secteur et pour leur ville. » M. Tassé affirme avoir participé à plus de 171 événements jusqu'à maintenant, et fait plus de 2000 appels téléphoniques pour s'enquérir des priorités des citoyens.