Gatineau doit respecter la loi québécoise qui exige à la Ville une réduction de 45 % de sa production de déchets ultimes d’ici 2020 et l’effort citoyen pour atteindre cet objectif stagne depuis quelques années.

Tarification des déchets: les citoyens réagissent «à froid»

L’irritation des Gatinois devant les frais qui leur seront imposés par la Ville lorsqu’ils auront trop de déchets devant leur entrée le « matin des poubelles » est palpable sur les réseaux sociaux depuis 24 heures.

Ça prendra cependant plus que de hauts cris de citoyens bien installés devant leur clavier pour émouvoir le président du comité exécutif, Gilles Carpentier. 

« Ça fait moins de 24 heures que l’annonce a été faite, a-t-il rappelé au terme de la séance du comité exécutif, mercredi. Les réactions des citoyens sont faites à froid et basées sur l’information donnée hier. Il y aura toute une campagne de sensibilisation qui va accompagner les changements. »

L’administration municipale et la classe politique ont vu venir le coup. Faire payer environ 5 $ pour chaque sac de déchets qui dépassera la limite permise de 120 litres aux deux semaines n’est pas le genre de décision qui suscite l’enthousiasme dans une ville où les contribuables montrent des signes d’impatience face à des années d’augmentation de 2,9 % de taxes municipales. 

Mais Gatineau doit respecter la loi québécoise qui exige à la Ville une réduction de 45 % de sa production de déchets ultimes d’ici 2020 et l’effort citoyen pour atteindre cet objectif stagne depuis quelques années. 

« Pour y arriver, ça prend des mesures qui peuvent être considérées comme radicales, mais ce virage-là est nécessaire, a insisté M. Carpentier. On stagne depuis plusieurs années, le tonnage des matières compostables ne bouge plus. Pour atteindre nos objectifs, il faut poser des gestes courageux. Ça ne fait pas plaisir à tout le monde, mais une fois expliqué, je pense que les gens vont comprendre pourquoi c’est nécessaire. »

La Ville doit faire sa part

Un citoyen de Gatineau se présentant comme en faveur des changements imposés par la Ville a profité de la période des questions du public du conseil de mardi, pour rappeler aux élus qu’il s’attendait lui aussi à plus d’effort de la part de sa ville. 

« Ici même, dans le centre-ville, je ne peux pas recycler dans un parc, il n’y a même pas de poubelle de recyclage dans les parcs, a-t-il lancé. Ça me chicote. Qu’est-ce que la Ville est prête à faire ? »

La présidente de la commission de l’aménagement du territoire, de l’habitation et de l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette, avait peu d’éléments de réponse à ce chapitre à donner au citoyen. Les secteurs institutionnels et commerciaux, ainsi que les résidus de démolition font partie des prochaines cibles d’action de la Ville, a-t-elle affirmé. 

Le président du comité exécutif reconnaît que Gatineau doit aussi faire sa propre introspection. 

« Il faut s’assurer qu’on devienne nous aussi comme ville un modèle pour les citoyens, a-t-il indiqué. Ça fait partie des analyses de nos fonctionnaires. La Ville doit faire sa part. ».

Commentaires lus sur notre page Facebook :

«Le surplus, je vais aller le dumper dans la cour des élus... Ça n’a juste pas d’allure.»

«Nous nous habituerons, mais c’est un peu plate que le règlement ne tienne pas compte de combien de personnes résident au domicile. Un couple ne génère pas la même quantité de poubelles qu’une famille de 4, 5 ou 6 et plus... Mais bon.»

«125$ la tonne, ça fait environ 0,125$ du kilo de déchets et ils veulent facturer un sac supplémentaire 5$. Est-ce que le sac supplémentaire fera 40 kilos? J’en doute. Donc ils vont faire du profit sur les sacs supplémentaires. Quand mon recyclage déborde, je mets des sacs supplémentaires. Ça va aussi être payant? Rien ne semble être prévu également selon la taille du foyer. Quatre personnes génèrent logiquement plus de déchets que deux.»

«On paye assez cher de taxes sans en plus maintenant se faire charger pour nos déchets. Déjà que la collecte est juste aux deux semaines. ‘La police’ dans nos poubelles maintenant...»

«La Ville de Gatineau à son meilleur... Les rues tombent en ruines, mais eux veulent nous faire acheter des sacs supplémentaires si on dépasse leurs ridicules bacs.»

«On est cinq chez nous avec deux gros chiens. Bien sûr qu’on va produire plus de déchets qu’une famille avec 2-3 personnes. On essaye de toujours recycler ce qu’on peut, mais des grosses familles devraient avoir le droit à plus.»

«Bravo Gatineau ! Il faut aller de l’avant en matière de réduction de nos déchets !»

«Tout à fait d’accord. Par contre, je serais d’avis de s’attaquer en premier lieu aux grandes enseignes qui pratiquent l’emballage d’emballages. Parce que même sans le vouloir, après être revenu des courses, on n’a encore rien mangé qu’on a déjà la moitié du volume à la poubelle.»

«Bonne nouvelle, MAIS par contre, pour l’avoir vécu dans d’autres villes, si la réglementation des collectes d’ordures est trop restrictive (je ne dis pas qu’elle l’est), et bien monsieur et madame Tout-le-Monde ira «déposer» ses déchets ailleurs (parc, place publique, etc.) et on trouvera des ‘déchets orphelins’ abandonnés sur le bord de la route ou dans les sentiers... et que dire des autres qui viendront débarquer leur stock en pleine nuit devant une maison — qui paiera le ‘surplus de déchet’. Le concept est bon — la mise en pratique, un peu plus compliquée que sur papier...»