Lawrence Cannon a bel et bien réfléchi à la possibilité de se lancer dans la course à la mairie de Gatineau, approché par «des gens pour qui» il dit avoir «énormément d'estime».

Tapis rouge pour Cannon à la mairie

ANALYSE - Le tapis rouge est déroulé. Les sondages ont été menés et les grandes lignes de la plateforme sont déjà déterminées. Les organisateurs politiques sont mobilisés. Des gens d'affaires influents sont prêts à piger dans leurs poches et à offrir leur appui. Tout est prêt. Lawrence Cannon n'a plus qu'à décider s'il souhaite briguer la mairie de Gatineau en novembre prochain.
Dans les coulisses, plusieurs affirment sans détour que l'actuel ambassadeur du Canada à Paris, dont le mandat se termine ce printemps, a déjà pris sa décision et qu'il sera de la campagne électorale l'automne prochain. D'autres, moins enthousiastes, mais tout autant désireux d'assister à un affrontement politique entre l'ancien ministre conservateur et l'actuel maire Maxime Pedneaud-Jobin, croient que M. Cannon passera son tour.
Le Droit a interpellé de très nombreuses sources à ce sujet au cours des dernières semaines, voire des derniers mois. Deux de ces sources, crédibles, dignes de foi et bien au fait des tractations en cours, assurent au Droit que M. Cannon n'a toujours pas pris sa décision et qu'une réponse finale sur une éventuelle candidature ne serait pas donnée avant le début juin.
Ses sympathisants, anciens conseillers politiques et frères d'armes sont convaincus que la notoriété de M. Cannon dans la région est telle, qu'il peut sans problème se mesurer au maire sortant même en arrivant un peu plus tard dans l'avant-course à la mairie.
M. Cannon serait très sérieux dans sa réflexion. « On ne met pas en place une telle structure électorale si on n'y pense pas sérieusement », lance une source bien impliquée dans les cercles libéraux de la région. Les proches de M. Cannon, sa famille en premier lieu, seraient réticents à voir le politicien de carrière se lancer dans une course à la mairie de Gatineau. Le goût de servir, dit-on, est toutefois encore bien présent chez l'ancien homme fort du Québec au sein du gouvernement de Stephen Harper. 
Les sondages menés par les partisans de M. Cannon au cours des derniers mois démontreraient qu'il y a un terreau fertile à Gatineau pour une candidature à la mairie comme celle de Lawrence Cannon. Ses partisans sont aussi conscients que tout n'est pas encore joué dans le projet Guertin et qu'un revers dans ce dossier, à quelques mois des élections de novembre, forcerait le maire Pedneaud-Jobin à mettre un genou au plancher. 
Une source impliquée dans le travail de terrain qui s'est fait et continue de se faire affirme au Droit que s'il accepte de faire le saut, M. Cannon sera le candidat « de l'action et du développement économique ». En ce sens, le dossier des tours Brigil deviendrait rapidement un enjeu électoral.
Roch Cholette
Il y a cependant un éléphant dans la pièce. Plusieurs sources crédibles ont assuré au Droit que M. Cannon a été personnellement mis en garde qu'il devra très rapidement évacuer du débat ce qui pourrait devenir une sérieuse épine à son pied.
Des sources dignes de foi ont mentionné au Droit que l'ancien député de Hull devenu animateur au FM 104,7, Roch Cholette, a fait du travail de coulisse au cours des derniers mois pour préparer le terrain à la venue de Lawrence Cannon. Les deux hommes partagent une relation d'amitié depuis de nombreuses années. 
Des personnes interpellées par Le Droit prêtent à M. Cholette des prétentions pour le poste de chef de cabinet dans une éventuelle administration Cannon. Son penchant marqué pour la polémique et ses opinions parfois controversées sur les dossiers municipaux en rebutent plusieurs. 
À part la relation d'amitié qui unit les deux hommes, M. Cholette réfute catégoriquement toutes ces informations. 
«C'est de la pure spéculation, c'est une invention de l'esprit, a-t-il affirmé au Droit. Des gens m'en parlent parce que c'est mon ami, mais jamais je ne me suis mêlé de ça. Je n'ai rencontré personne, je n'ai sollicité personne et je n'ai testé l'appui de personne. Je n'ai aucune prétention pour aucun poste. Il y a du monde qui invente des choses. Il faut avoir l'imagination fertile pour affirmer ce genre de chose. Il n'y a aucun fondement à tout ça.»
Roch Cholette serait carrément devenu persona non grata dans les cercles politiques de la région. 
Si bien que, selon deux sources bien au fait de la situation, M. Cannon a été personnellement avisé que la machine électorale mise en place s'effondrerait et que ses appuis disparaîtraient comme neige au soleil si M. Cholette devait se retrouver dans les plans pendant ou après la campagne électorale. 
Aux yeux des organisateurs de M. Cannon, la présence de M. Cholette dans l'entourage de l'éventuel candidat serait une porte grande ouverte à des attaques répétées et efficaces de la part du maire sortant.