Sylvie Goneau

Tapis rouge et grues dans le ciel pour Goneau

Sylvie Goneau promet des grues dans le ciel du centre-ville si elle est élue à la mairie de Gatineau en novembre prochain.

La candidate indépendante croit qu’il est temps pour Gatineau de « dérouler le tapis rouge » aux investisseurs afin que le centre-ville puisse saisir ce qu’elle qualifie jusqu’ici d’« opportunités ratées » en développement économique, social, touristique et sportif.

Le plan de Mme Goneau pour redynamiser le centre-ville de Gatineau, présenté mercredi, se résume en quatre grands axes de développement ; les tours Brigil, Zibi, la Fonderie et le site Guertin. À terme, selon la candidate, c’est un milliard de dollars en valeur foncière qui s’ajoutera sur l’Île-de-Hull. Les projets cités par la candidate à la mairie pourraient générer des revenus supplémentaires de 25 millions $ en taxes foncières. 

Mme Goneau admet toutefois qu’il faudrait attendre au moins de six à huit ans avant que la Ville puisse commencer à engranger ces nouveaux revenus. D’abord parce qu’il faut laisser le temps aux promoteurs de concevoir et construire leurs projets, et ensuite parce qu’il y a un généreux programme de crédit de taxes dans le centre-ville qui priverait la Ville de revenus dans les premières années. 

Si Sylvie Goneau remporte l’élection, le 5 novembre prochain, le déménagement des Olympiques dans un complexe multiglaces à la place de la Cité n’aura jamais lieu. La candidate propose plutôt de revenir en arrière et de miser sur la construction, sur le site actuel, d’un complexe comprenant un amphithéâtre de 5000 bancs et d’une deuxième glace communautaire. La construction débuterait dès 2018. « Je compte mettre la rondelle sur la glace pour la première mise au jeu en 2020 », affirme-t-elle. 

Une fois mairesse, Mme Goneau entreprendrait aussi les démarches pour attirer une équipe de la Ligue canadienne de basketball à Gatineau. Elle admet ne pas avoir consulté d’étude de marché permettant de bien quantifier la demande pour un tel produit sportif à Gatineau, mais elle assure que l’intérêt est là. « C’est très pratiqué ici, dit-elle. Il y a déjà eu des approches avec la Ligue et il y a un intérêt pour un club à Gatineau. »

Les tours Brigil prennent une place importante dans la vision de Mme Goneau au centre-ville. « En 2020, Gatineau fêtera ses 20 ans, je vois bien une fête en hauteur », écrit la candidate dans les documents d’informations partagés mercredi. Mme Goneau a toutefois quelque peu tempéré son enthousiasme en entrevue avec Le Droit. « L’urgence ce n’est pas de construire les tours, mais de s’assurer que ce projet puisse cheminer dans la machine, dit-elle. Je suis favorable aux tours parce qu’il est important pour moi que Gatineau se positionne comme une ville capable d’accepter des projets d’envergure. Ce qui serait bien pour 2020 c’est de se dire qu’on pourrait éventuellement voir les choses en hauteur. »

Le projet Zibi qui est déjà en cours de réalisation est aussi ciblé par Mme Goneau comme projet dont les revenus en impôts fonciers ne « seront pas négligeables ». Elle souhaite d’ailleurs qu’une programmation soit maintenue sur le site qui a accueilli le Cirque du Soleil cet été.

L’argent des réserves de la Ville pour la Fonderie

La totalité de l’argent des réserves monétaires de la Ville que promet d’utiliser Sylvie Goneau si elle devient mairesse servira  au développement d’un seul grand projet d’envergure dans le centre-ville, celui de la Fonderie. 

Lors de la présentation de son plan financier, en début de campagne électorale, Mme Goneau s’est engagée à réduire de moitié certaines réserves accumulées par la Ville depuis des années. Les 15 millions $ qu’elle prévoit dégager grâce à cette manoeuvre permettront d’entamer la réalisation de ce projet domiciliaire et commercial dont le plan directeur a été voté en 2014.

Mme Goneau explique qu’une partie de la somme permettra à la Ville d’obtenir des subventions importantes pour procéder à la décontamination de l’ancien site industriel. L’ancien édifice de la Fonderie est voué à devenir un marché public régional. Des sommes sont d’ailleurs déjà réservées pour une première phase de travaux. 

La candidate indépendante à la mairie souhaite aussi que Gatineau investisse de l’argent dans un partenariat avec le gouvernement provincial pour la construction d’un YMCA. Les terrains environnants feraient ensuite l’objet d’appels d’offres pour la construction de plusieurs centaines d’unités de logement, particulièrement des logements de quatre ou cinq chambres et des logements abordables. La construction de ces immeubles débuterait au cours des quatre prochaines années. 

Afin d’accélérer la réalisation des travaux d’infrastructures, Mme Goneau propose que la Ville transfère une partie de ses responsabilités aux firmes d’ingénieries. «Ces firmes notent une baisse du nombre de contrats donnés par la Ville, dit-elle. Elles pourraient faire, par exemple, les plans et devis pour des travaux comme le pavage. Je ne vois pas de danger quant à l’indépendance. C’est encore la Ville qui octroie les contrats. Ça nous permettrait aussi de stimuler l’économie locale en aidant ces firmes d’ingénierie à vivre.»