Le campement des itinérants installé sur les berges du ruisseau de la Brasserie sera maintenu en place jusqu'au début de l'automne.

Sursis estival pour les campeurs itinérants

Les itinérants qui ont planté leurs abris de fortune aux abords du ruisseau de la Brasserie pourront y rester au moins jusqu'au début de l'automne.
La Ville de Gatineau et l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais (ASSSO) ont annoncé hier la signature d'un protocole d'entente en vue d'un projet pilote qui se terminera le 3 octobre prochain. Gatineau confirme du même coup que les itinérants pourront continuer à occuper les lieux, même si le règlement municipal l'interdit. Depuis 2008, le boisé situé entre le ruisseau de la Brasserie et la rue Marie-Le-Franc a des allures de terrain de camping.
Parmi les faits saillants de l'entente, on retrouve une enveloppe non récurrente de 12500$ provenant de l'ASSSO qui permettra l'embauche de deux intervenants communautaires, dont le travail sera d'assurer une présence au camping du ruisseau de la Brasserie, en plus d'accompagner les occupants. L'organisme Droit-Accès de l'Outaouais sera chargé de remplir ce mandat.
De son côté, la Ville de Gatineau fournira les services et les équipements nécessaires à l'hygiène et à la sécurité des occupants, tels que l'installation de toilettes sèches, des extincteurs et le nettoyage du site à l'automne.
«De l'itinérance, il y en a cette année et il y en aura malheureusement l'année prochaine. C'est un phénomène qui est là pour rester, et le bon côté du protocole, c'est que l'ensemble des partenaires acceptent de faire une partie du travail à accomplir pour s'attaquer à cette problématique complexe. On se donne un bel outil à long terme parce qu'on pourra ajuster des choses dans les années à venir», a indiqué le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.
Une fois le projet pilote terminé, une évaluation sera effectuée dans le but de mettre sur pied une entente permanente d'ici février 2015.
Réactions mitigées
Dans le milieu communautaire, on voit ce projet d'un bon oeil.
Le président du c.a. du Conseil régional de lutte à l'itinérance et directeur général du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais, Yves Séguin, soutient qu'il s'agit d'un pas en avant pour la lutte à l'itinérance. «Ce n'est pas parfait, mais nous voyons ça d'un bon oeil parce qu'on sent que les autorités municipales se préoccupent des personnes les plus marginalisées et vulnérables de notre société. On ne fait pas juste les caser en logement ou les repousser. [...] Mais nous aurions aimé que la Ville investisse certaines sommes pour être encore plus en appui aux personnes du campement», a-t-il souligné.
Le directeur général du Gîte Ami, Luc Villemaire, s'est dit satisfait de l'entente. Il déplore cependant qu'on ait refusé l'accès au chalet municipal de l'ancien parc St-Rédempteur, situé près du site du futur centre multifonctionnel. L'organisme en a fait la demande, mais celle-ci n'a pas été incluse dans le protocole conclu entre Gatineau et l'ASSSO.
«Nous avons là quelque chose qui aurait pu répondre à l'ensemble des besoins sanitaires de gens, que ce soit au niveau des toilettes, des douches ou encore d'un endroit pour s'abriter en cas d'intempéries graves. Ça aurait été un outil qui aurait permis des avancés pour les campeurs et qui aurait pu servir à toute la population.»