Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Pierre Samson

Surprise et émotion en Outaouais

Le porte-parole en matière de santé du regroupement Équité Outaouais et ancien candidat péquiste dans Hull, le Dr Gilles Aubé, n’en croyait tout simplement pas ses oreilles, lorsque mis au fait par Le Droit de la motion votée à l’unanimité par l’Assemblée nationale. « Je suis renversé, on ne s’attendait pas à ça », a-t-il lancé.

Une fois la surprise passée, le Dr Aubé a rappelé qu’une telle motion est d’abord une déclaration d’intention à laquelle des gestes concrets devront être attachés. « C’est une étape symbolique très importante, a-t-il dit. Ça n’avait jamais été reconnu avant. Peu importe le gouvernement en place, il y avait toujours eu un flottement sur cette question, alors qu’on était franchement sous-financé et de façon manifeste. »

Maintenant que l’État québécois reconnaît les besoins et défis particuliers de l’Outaouais, il est temps pour le gouvernement d’agir, insiste le Dr Aubé. Équité Outaouais recommande l’adoption d’un projet de loi sur l’équité interrégionale. Une compensation financière étalée sur une dizaine d’années permettrait, selon le regroupement, de faire la correction financière souhaitée. « Tout le monde serait d’accord à ce que ça se fasse sur dix ans, mais il faut que ça se fasse », indique le Dr Aubé.

À propos de cette proposition précise qui lui a été soumise il y a deux semaines, le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, affirme qu’elle n’est pas envisagée en ce moment par le gouvernement. « Ça fait partie des outils qui existent, mais ce n’est pas une mesure qu’on souhaite mettre de l’avant en ce moment, a-t-il indiqué. Ce dont la région avait besoin c’était des voix fortes au gouvernement qui reconnaissent les particularités de l’Outaouais et qui y travaillent. »

« Du jamais vu »

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Pierre Samson, a appris tard, mardi soir, la volonté du gouvernement de déposer cette motion qu’il qualifie d’historique. 

« Pour moi, c’est du jamais vu, dit-il. Un membre du gouvernement, en plus un ministre, qui dépose une motion dans laquelle il fait reconnaître une injustice comme celle-là envers sa région, c’est du jamais vu. On est évidemment très contents. L’État reconnaît enfin qu’il y a un problème et le gouvernement en place démontre sa volonté de faire. Ça va nous permettre de continuer de pousser pour que l’Outaouais obtienne sa juste part et plus dans tous les domaines. »

Émotion

L’homme d’affaires Antoine Normand a qualifié, sur sa page Facebook, l’adoption de cette motion de moment d’émotion. « J’avais 19 ans et le maire de Gatineau 23 ans quand nous avions participé aux travaux du comité Outaouais qui avait accouché du Rapport Beaudry sur la question, a-t-il écrit. Il y a 27 ans de ça. » 

La directrice générale de Tourisme Outaouais, France Bélisle, a pour sa part salué le travail de tous ceux qui ont contribué à ce moment historique. « […] on a parfois l’impression de se battre contre des moulins à vent et pourtant on continue parce qu’on y croit à notre Outaouais, on dirait bien que le vent vient de virer de bord », a-t-elle affirmé. 

Le consultant politique pour SOS 07, Alexandre Gingras, voit pour sa part dans cette motion adoptée par l’Assemblée nationale « une expression de bonne volonté qui formera nos interventions auprès des élus de la Coalition avenir Québec lors de nos rencontres avec eux pour protéger et renforcer nos services de santé ».