Le nombre de sacs de surplus pour ordures ménagères achetés par les Gatinois est quatre fois moins élevé que les prévisions les plus alarmistes.
Le nombre de sacs de surplus pour ordures ménagères achetés par les Gatinois est quatre fois moins élevé que les prévisions les plus alarmistes.

Surplus d'ordures à Gatineau: plus de 128 000 sacs en six mois

Plus de 128 000 sacs de surplus pour ordures ménagères ont été achetés par les citoyens depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle politique sur les déchets il y a six mois à Gatineau. Si le chiffre peut sembler impressionnant à première vue, reste qu’il est quasi quatre fois moins important que le pire scénario envisagé.

Pour la période allant du 2 septembre au 23 février, la Ville de Gatineau a vendu 25 686 paquets de cinq sacs de surplus pour ordures ménagères (ce qui représente 128 430 sacs) lors de 6027 transactions. Du nombre, 78 % ont été effectuées en personne dans l’un des centres de services, tandis que les autres ont été faites en ligne.

« Ce sont de très bonnes nouvelles, ça démontre que les citoyens ont changé leurs habitudes. On a beaucoup progressé. On ne vend que 30 % de ce qu’on avait au départ prévu vendre. Ce qu’on observe également, c’est qu’évidemment le premier mois la hausse a été plus grande, mais que dès le deuxième mois, les ventes se sont stabilisées. On pourra faire un bilan complet plus tard, mais il y aura une diminution significative du tonnage de déchets et une hausse notable du compost. L’objectif était de mettre en place des incitatifs », lance la présidente de la Commission sur le développement du territoire, l’habitation et l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette.

La conseillère affirme que la Ville de Gatineau avait initialement anticipé dans le contrat qu’un million de sacs seraient vendus au cours de la première année, soit environ 83 000 par mois. Depuis septembre, c’est plutôt une moyenne de 22 000 qui sont achetés par les contribuables sur une base mensuelle.

Selon Mme Marquis-Bissonnette, nul doute que ces statistiques démontrent que la Ville a posé le bon geste en modifiant la réglementation.

« Quand on procédé à ces changements-là, on savait qu’on touchait à une corde sensible. Nous étions conscients qu’il y avait une part de craintes. Sauf que j’ai toujours été convaincue qu’on l’a fait de la bonne façon, les études étaient très claires à ce sujet. C’était planifié depuis longtemps et on savait où on s’en allait », note l’élue.

Mme Marquis-Bissonnette soutient qu’il sera intéressant de voir de quelle façon se répartit l’achat des sacs de surplus entre le milieu résidentiel et les quelque 2600 petits commerces ayant accès à la collecte en bordure de rue.

« Pour eux (les petits commerces), c’est beaucoup plus avantageux d’acheter des sacs que d’avoir un conteneur privé. Quand on dressera un bilan, on va pouvoir savoir par exemple s’il y a, parmi les gens qui achètent des paquets, plus de résidentiel ou de commercial ? Et est-ce qu’ils les utilisent tout le temps ou de manière ponctuelle ? Ça nous aidera à comprendre les tendances et les besoins », dit-elle.

On compte, rappelons-le, quelque 90 000 portes d’un bout à l’autre du territoire gatinois.

Enviro Éduc-Action applaudit

La directrice générale d’Enviro Éduc-Action, Geneviève Carrier, est satisfaite de voir de tels chiffres.

« Je suis très fière des Gatinois. Je suis inspirée par le travail de réduction que tout le monde a entrepris, je pense que ça démontre justement une capacité de changement des habitudes. Ce n’est pas toujours facile, mais plusieurs familles se sont lancé le défi et pour l’instant elles semblent avoir bien réussi. Et avec le temps qui passe, ce ratio d’achat va même continuer à diminuer, car les gens qui n’y arrivent pas encore tout à fait, leur volume de déchets va en principe baisser. Elles vont peut-être faire des achats en moins, les bébés vont grandir, etc. Il y a encore beaucoup de gens en ajustement », a-t-elle indiqué.

Précisant que chaque geste compte, Mme Carrier précise d’ailleurs que l’organisme propose un nouveau programme de mentorat auprès des ménages gatinois. Intitulé Écolo 101, le programme permettra à 10 ménages de bénéficier d’un accompagnement personnalisé à la maison pendant dix semaines dans le but de réduire leur empreinte écologique.

Les personnes choisies, qui peuvent s’inscrire jusqu’au 8 mars sur le site web d’Enviro Éduc-Action, pourront aussi participer à des conférences sur le sujet. Quatre thèmes seront au menu, soit la gestion des matières résiduelles, le transport et la mobilité durable, la consommation responsable ainsi que l’alimentation écoresponsable.