La consultation publique que mène ces jours-ci la Société de transport de l’Outaouais (STO) sur le futur lien rapide dans l’ouest est une autre illustration du besoin pressant pour la Ville de Gatineau de se doter d’un office de consultation publique indépendant, croit un spécialiste en la matière.

STO: un effort «minimal», dit un spécialiste

La consultation publique que mène ces jours-ci la Société de transport de l’Outaouais (STO) sur le futur lien rapide dans l’ouest est une autre illustration du besoin pressant pour la Ville de Gatineau de se doter d’un office de consultation publique indépendant, croit un spécialiste en la matière.

Mario Gauthier, professeur au département de sciences sociales à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), n’en est pas à ses premières critiques envers la Ville de Gatineau et ses activités de consultation publique. Il dénonce aujourd’hui la consultation « minimale » que fait le transporteur public des Gatinois pour, rappelle-t-il, un projet évalué à 2 milliards de dollars.

« Je salue les efforts de la STO de consulter la population pendant sa phase de planification, mais on est encore dans le modèle DAD, qui veut dire décider, annoncer et défendre, explique M. Gauthier. La formule portes ouvertes n’est pas très favorable à la discussion, au débat et à la délibération entre les gens. Le type de consultation que fait la STO n’amène pas à discuter et à confronter des idées. Il faut aussi rappeler que c’est le promoteur du projet qui consulte et qui produira un rapport de consultation. »

Selon M. Gauthier, Gatineau doit tourner la page sur ses pratiques de consultations qui datent de la fusion municipale en se donnant un outil de consultation contemporain et indépendant auquel seront assujetties les organisations paramunicipales comme la STO. « Un office pourrait, par exemple, vérifier les faits soumis à la population par la STO, il pourrait fouiller des argumentaires et permettre aux citoyens d’y voir plus clair », dit-il.

D’autres voix s’élèvent au conseil municipal pour réclamer une réflexion sérieuse sur la pertinence de mettre en place un tel outil de consultation.

Dans la foulée du fiasco de la consultation menée dans le cadre de l’heure d’ouverture des bars dans le centre-ville, le conseiller Cédric Tessier et la conseillère Louise Boudrias ont tous deux soulevé l’idée d’un office de consultation publique à Gatineau. Les conseillers Daniel Champagne et Gilles Carpentier qui ont vivement milité, l’automne dernier, pour que soit étudiée une éventuelle fusion administrative entre la Ville et la STO sont d’avis que le transporteur public devrait à tout le moins être invité à se servir d’un éventuel office public gatinois pour consulter la population dans le cadre de ses grands projets.

« Si on se dotait d’un office de consultation publique, à mon avis, les organismes paramunicipaux qui ont un lien avec la Ville de Gatineau devraient être assujettis à cet office pour leurs activités de consultation, indique M. Champagne. Ça deviendrait essentiel, surtout si un jour on prend la décision de fusionner certains services administratifs de la STO et de la Ville. »

Gilles Carpentier est pour sa part un peu plus nuancé. Il rappelle que pour l’instant, la STO est un organisme autonome.

« Une fois qu’on aurait un office de consultation publique, on pourrait proposer à la STO d’utiliser les services de l’office, mais ça devrait se faire sur une base volontaire, dit-il. Un outil comme l’office devrait être rendu accessible à la STO, mais il ne pourrait pas être imposé. Il serait à mon avis souhaitable, par contre, que la STO profite de cet outil quand viendrait le temps de consulter la population. »