La grève des chauffeurs de la STO avait causé plusieurs problèmes pour les usagers du transport en commun à Gatineau. Le président du Syndicat uni du transport - local 591, Félix Gendron, croit que la direction du transporteur devrait présenter ses excuses à la clientèle.

STO: des «blessures à guérir»

C’est fait. Après un conflit de travail ayant été marqué par des journées de grève, une nouvelle convention collective unit désormais la Société de transport de l’Outaouais (STO) au syndicat de ses chauffeurs et employés de l’entretien. Mais cela ne signifie pas pour autant que les relations sont au beau fixe, puisque de nombreuses « blessures » tardent à se cicatriser.

L’ambiance était froide, vendredi matin, lors d’une assemblée spéciale du conseil d’administration de la STO visant à approuver l’entente intervenue avec la section locale 591 du Syndicat uni du transport pour signer une convention collective rétroactive au 1er janvier 2015, qui sera en vigueur jusqu’à 31 décembre 2019. Les membres de l’exécutif syndical étaient loin d’avoir le sourire aux lèvres lors de la réunion.

Le président du syndicat, Félix Gendron, a mal digéré que la STO diffuse un communiqué de presse au terme de la réunion, avant que les chauffeurs et employés de l’entretien n’en soient informés.

« Il y avait une entente que nos membres seraient avisés avant, et là c’est partout dans les médias, a déploré M. Gendron. Tout le monde est au courant, la STO a sorti un courriel pour dire que ça avait été signé. [...] C’est un manque de respect flagrant. On parle de relations de travail. Je m’excuse, mais on n’est pas sur la même planète du tout, c’est malheureux. »

Le directeur général adjoint de la STO, Jean Brunet, voit pour sa part la suite des choses avec optimisme, même s’il se dit conscient qu’« il y a des blessures qui vont prendre du temps à guérir ».

« C’est normal après un conflit, dit-il. On se relève les manches et on regarde nos relations de travail de la façon la plus positive possible et toujours en pensant bien sûr aux clients, aux usagers, alors on envisage ça de façon optimiste, mais on sait qu’on a une petite côte à remonter. »

D’un côté comme de l’autre, on estime que la convention collective est satisfaisante. Elle prévoit notamment un montant forfaitaire de 2 % pour 2015 et des hausses salariales de 2 % pour 2016, 2017 et 2019 et de 2,8 % pour 2018. La signature d’un nouveau contrat de travail aura aussi permis de régler « la grande majorité des griefs et plaintes déposés par le syndicat et l’employeur ».

Félix Gendron considère tout de même que la STO aurait dû s’excuser auprès de sa clientèle.

« J’aimerais faire quelque chose qui n’a pas été fait par la STO, j’aimerais m’excuser vis-à-vis les clients de la STO par rapport à tout ce qui s’est produit, a-t-il mentionné. Je pense que ça aurait pu être fait autrement. Nous autres aussi on peut prendre un blâme là-dedans, mais je pense que l’employeur a un gros blâme à prendre. »

Le président du syndicat croit que « si c’est comme depuis que [Gilles] Carpentier » est à la présidence de la STO, les relations de travail s’annoncent « extrêmement difficiles » malgré la nouvelle convention.

« Il n’y a pas eu approximativement 1400 griefs déposés dans les dernières années pour rien, expose-t-il. [...] Les membres sont encore frustrés, ils en ont gros sur le cœur et je les comprends. La population en a gros sur le cœur aussi et j’espère qu’elle va s’en souvenir dimanche, c’est important et je dis au monde ‘allez voter’. »