Pour le recteur de l’UQO Denis Harrisson, cette motion est le fruit d’un travail acharné de mobilisation.

Statut particulier de l'Outaouais: satisfaction dans le monde de l’éducation et de la culture

La motion adoptée mercredi par l’Assemblée nationale reconnaissant que l’Outaouais est une région « avec des particularités importantes » compte tenu de sa situation frontalière avec Ottawa est vue d’un très bon œil à la fois dans les sphères de l’éducation et de la culture.

Pour le recteur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Denis Harrisson, cette reconnaissance permet à l’établissement d’entrevoir « avec beaucoup d’optimisme la concrétisation de ses projets prioritaires de développement tant sur le plan de son offre de programmes que de ses infrastructures ».

À son avis, ce dénouement est aussi le fruit d’un travail acharné « de mobilisation et de persévérance » ces dernières années de la part des acteurs des différents partenaires de tous les milieux pour mettre en lumière « le retard de développement et de financement historique ».

« Elle marque aussi un pas très important et essentiel pour la mise en place d’un plan d’action concret qui permettra le rattrapage nécessaire, notamment pour l’UQO, mais surtout pour la population de l’Outaouais et du Québec », a indiqué M. Harrisson.

Plus tôt cette année, l’Alliance pour la cause de l’enseignement supérieur en Outaouais (ACESO) a collaboré avec la Ville de Gatineau et d’autres partenaires pour produire le « Dossier Outaouais », un document qui détaille les retards observés dans la région et propose des solutions au gouvernement Legault.

La directrice générale de Culture Outaouais, Julie Martineau, applaudit également ce geste symbolique de Québec.

« Pour nous, c’est une bonne nouvelle, c’est vraiment une première pierre qui était attendue depuis longtemps. Sachant qu’il y a un déficit en matière d’équipements et d’infrastructures culturels, on a l’impression que ça pourrait être un levier pour la suite des choses. Il y a plusieurs projets portés par le milieu qui sont en cours ou à l’étude », affirme-t-elle.

Parmi les projets cités par l’organisme, citons le développement d’une salle de spectacle à géométrie variable à la Maison de la culture de Gatineau, la mise sur pied d’un musée régional et le déploiement du Centre d’action culturelle de la MRC Papineau à Montebello.

Quant au président de la Commission scolaire des Draveurs (CSD), Claude Beaulieu, il salue aussi la motion adoptée à l’unanimité, mais espère que les actions vont suivre les paroles.

« Il était temps. Je suis très favorable à ça, ça fait longtemps que c’est demandé, mais j’espère que ce n’est pas juste une façon de faire un spectacle. Au niveau politique, c’est facile, mais ça doit se rendre au niveau administratif. Il faut que les fonctionnaires à Québec connaissent les véritables besoins de l’Outaouais, qu’ils se mettent une lunette frontalière, sinon ça va rester un vœu pieux », lance-t-il.

À son avis, une telle reconnaissance pourrait entre autres permettre de corriger des inégalités en ce qui a trait à la formation professionnelle.

« Présentement, on regarde seulement l’ampleur des besoins au Québec et non pas de l’autre côté de la rivière. L’autre problématique, c’est toute la question de la reconnaissance des diplômes. Nos diplômes de formation professionnelle ne sont pas considérés au niveau collégial, alors une institution comme La Cité est avantagée par rapport à nous pour des promotions au niveau de la fonction publique, par exemple », note-t-il.