L'Office d'habitation de l'Outaouais l’OHO se tourne vers le gouvernement du Québec pour qu’il mette en place des mesures «exceptionnelles» qui permettraient d’accélérer la construction de logements abordables à Gatineau et d’indexer l’aide au logement abordable.

Sinistrés de la tornade: Le manque de logements abordables complique les choses à Gatineau

La pénurie «criante» de logements abordables à Gatineau complique grandement les efforts pour reloger à long terme les sinistrés de la tornade du 21 septembre dernier, a fait savoir, lundi, la direction de l’Office d’habitation de l’Outaouais (OHO).

Des quelque 250 ménages qui ont demandé l’aide du Service d’aide à la recherche de logement (SARL), 116 ont jusqu’ici été en mesure de trouver un nouveau toit. Du nombre, 68 ont pu trouver un nouveau logement dans le secteur privé et 48 autres ont profité de supplément au loyer ou encore d’un logement de l’OHO. 

Près de 130 ménages sont toujours en attente d’un logement permanent. Ceux qui souhaitent se reloger rapidement devront toutefois accepter de faire des concessions, notamment d’envisager de déménager dans un autre secteur, parfois aussi loin que Buckingham ou Thurso. 

«Il n’y a plus de logement abordable disponible dans le secteur du Mont-Bleu et il en reste très peu dans le secteur Hull, a noté le directeur général de l’OHO, Mario Courchesne. Les sinistrés qui veulent se reloger rapidement devront accepter d’aller dans d’autres secteurs. Il y a des logements dans Aylmer, Templeton ou Buckingham, par exemple, mais les gens plus démunis se sont souvent bâti un cercle d’aide autour d’eux et souhaitent demeurer dans leur environnement pour ne pas perdre cette aide.»

Face à un tel constat, l’OHO se tourne vers le gouvernement du Québec pour qu’il mette en place des mesures «exceptionnelles» qui permettraient à la fois d’accélérer la construction de logements abordables sur le territoire de Gatineau et d’indexer l’aide au logement abordable afin d’agrandir le bassin de logements disponibles souvent plus chers dans le secteur privé. 

«Nous avions déjà 130 ménages inscrits au SARL avant la tornade, indique M. Courchesne. Nous en avons maintenant le double. Ça démontre bien le manque de logements abordables sur le territoire. Il y a des efforts supplémentaires à faire pour le gouvernement. Dans mon esprit, la solution est d’indexer rapidement l’aide au logement, mais c’est le gouvernement qui détient les cordons de la bourse. Tout le monde doit faire son effort de guerre. Cela permettrait entre-temps d’accélérer la construction de nouveaux logements, mais il n’y aurait rien de disponible avant 2020.»

La présidente de la commission sur l’habitation de la Ville de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, affirme souhaiter que le nouveau gouvernement caquiste «se penche rapidement sur la refonte du programme Accès logis parce qu’actuellement plusieurs projets lèvent difficilement en raison des coûts de construction qui n’ont pas été indexés».

Le président de l’OHO, Yves Durand, s’est dit satisfait de la réponse rapide de l’Office après le passage de la tornade. La vitesse avec laquelle ont été relogés les résidents de l’OHO qui habitaient le 73, Jumonville, complètement dévasté, démontre, selon lui, «la robustesse» de la structure de l’organisation dans de telles situations. 

La force de la tornade imposera toutefois l’OHO à revoir la façon dont elle construit ses immeubles, dit-il. «On a vu que le toit du 73, Jumonville ne tenait pas à grand-chose, a-t-il dit. Les nouveaux édifices qu’on construira devront respecter des normes supérieures pour ne pas avoir à revivre autant de dommages s’il devait y avoir une autre tornade. On va faire tout ce qu’on peut, mais à l’impossible, nul n’est tenu.»