Geneviève Carrier, présidente du Syndicat des cols blancs de la Ville de Gatineau, constate que ses membres « sont fatigués » et qu’ils vivent des épisodes d’épuisement professionnel.
Geneviève Carrier, présidente du Syndicat des cols blancs de la Ville de Gatineau, constate que ses membres « sont fatigués » et qu’ils vivent des épisodes d’épuisement professionnel.

Service des arts et de la culture à Gatineau: désorienté, désorganisé et chaotique

Le Service des arts et de la culture de la Ville de Gatineau a été de loin celui le plus durement critiqué par les employés qui sont entrés en contact avec Le Droit depuis la fin de l’automne dernier. Organisation déstructurée, communication déficiente, gestion chaotique, employés en perte de repère, ou encore climat de travail tendu, le portrait brossé de l’intérieur de ce service par plusieurs employés est pratiquement sans appel. « Le climat dans ce service n’est vraiment pas bon », confirme le Syndicat des cols blancs.

« C’est un endroit où le climat s’est vraiment détérioré, mentionne la présidente du syndicat, Geneviève Carrier. Il y a eu beaucoup de modifications de structure. Plusieurs nouveaux cadres et gestionnaires qui avaient souvent moins d’expérience que les travailleurs déjà en place sont arrivés dans le portrait. De nombreux employés nous ont dit avoir complètement perdu leurs repères dans ce service. Ils ne comprennent plus leur rôle dans l’organisation. Il y a plusieurs conflits entre employés et gestionnaires. Il y a des interventions à faire rapidement dans ce service. »

À LIRE AUSSI : Cols blancs gatinois: «l’élastique a été trop étiré»

Service de l’urbanisme à Gatineau: «les gens sont brûlés»

Le service des arts a été sans directeur spécifique pendant presque deux ans après le départ à la retraite de Louis Cabral, à la fin 2015. 

Cette période de flottement a précédé plusieurs mois de restructuration au cours desquels plusieurs postes ont été abolis, fusionnés, transformés et créés au sein du service. 

« On n’avait aucune idée de ce qui se passait, raconte un employé du service des arts qui s’est confié au Droit. Autour de 2017, ils se sont mis à tout changer sans avertissement, sans impliquer les employés et sans même prendre le temps de bien informer les gens. Quand on fait une restructuration dans une organisation, habituellement il y a un plan, une raison logique qu’on partage avec les employés. Ça se fait en phase. Là, c’était n’importe quoi. D’un jour à l’autre, on ne savait jamais ce qui allait arriver. Il y avait beaucoup de tension dans l’air, il y en a toujours et ç’a laissé beaucoup de cicatrices. »

Mme Carrier soutient que le niveau de « désorientation » de ce service est actuellement très élevé. La désorganisation, dit-elle, a amené des employés à assumer des responsabilités qui n’étaient pas les leurs et cela a envenimé les relations de travail.

« Plusieurs employés ont carrément quitté la Ville, d’autres sont en période d’invalidité, explique Mme Carrier. Ceux qui en reviennent demandent à avoir un accompagnement pour ne pas revenir dans les mêmes conditions qui prévalaient au moment de leur départ. Il y a plusieurs conflits entre salariés et gestionnaires. La ligne est parfois mince entre un problème de climat de travail et du harcèlement. Nous sommes en présence d’un service où la ligne entre les deux est actuellement très mince. Le niveau d’insécurité y est très élevé. »