Plusieurs témoignages obtenus par Le Droit à la suite de la publication en novembre sur les congés d’invalidité accordés par la Ville de Gatineau émanaient du service de l’urbanisme.

Service de l’urbanisme à Gatineau: «les gens sont brûlés»

Sous-performant et désorganisé de l’avis de plusieurs, le service de l’urbanisme de la Ville de Gatineau a été le théâtre d’une multitude de changements depuis l’arrivée en poste, en 2013, du maire Maxime Pedneaud-Jobin. En pleine réorganisation, l’urbanisme s’est retrouvé bien malgré lui propulsé au coeur de la gestion des suites à donner aux inondations de 2017 et de 2019. Résultat des courses, les fonctionnaires qui oeuvrent au sein de ce service névralgique pour le fonctionnement de la municipalité sont «brûlés» au point où le Syndicat des cols blancs n’hésite plus à agiter le drapeau rouge.

Plusieurs témoignages obtenus par Le Droit à la suite de la publication en novembre sur les congés d’invalidité accordés par la Ville de Gatineau émanaient du service de l’urbanisme. 

À quelques exceptions près, les récriminations partagées par les fonctionnaires ne visaient pas les gestionnaires et les cadres à la tête de ce service, mais bien la pression de livrer, l’organisation et la charge de travail. Le syndicat corrobore cette observation. 

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«À l’urbanisme, les cadres ne reviennent pas dans les sujets de discussions que nous avons avec nos membres, note la présidente du syndicat, Geneviève Carrier. Le coeur du problème semble beaucoup plus résider dans les façons de faire, l’organisation du travail et la pression qui est mise sur les membres. Il y a beaucoup de gens brûlés à l’urbanisme. Plusieurs se sentent complètement débordés. La charge de travail est tel que l’organisation peine à retenir les nouveaux employés qu’elle recrute. Ceux qui restent se retrouvent avec une charge de travail parfois inquiétante.»

Mme Carrier estime que le service de l’urbanisme est aujourd’hui dans une situation très fragile. 

«J’ai l’impression que ce service n’a pas fait de post mortem de sa réorganisation, dit-elle. Une chose est certaine quand on écoute les salariés, la réorganisation est loin d’avoir apporté que du bon pour les travailleurs. Le syndicat a interpellé l’administration à plusieurs reprises concernant la situation de ses employés à l’urbanisme. Il doit y avoir des changements avant longtemps parce que les signaux sont très nombreux. Les gens sont à bout à l’urbanisme.»