Les élus municipaux de Gatineau débutent jeudi une retraite fermée de près de 48 heures.

S’enfermer pour «vider» la question des huis clos à Gatineau

Les élus gatinois amorcent, ce jeudi, une retraite fermée de deux jours et une nuit, au Moulin de Wakefield, afin de jaser de gouvernance. Ce sera l’occasion pour le conseil, entre autres, de «vider», une fois pour toutes, l’épineuse question des huis clos.

« Je crois en ce genre d’exercice où on s’isole et on parle d’enjeux compliqués, explique le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Cette année, ce sera la gouvernance. On discutera du fonctionnement du conseil, des pléniers, des comités et commissions, et de la place des élus. Les villes changent. Elles ont de plus en plus de pouvoirs. Notre champ d’action est très vaste. Les élus changent aussi. Ils arrivent avec des idées, ils veulent faire avancer des choses rapidement, mais la structure municipale n’est pas tellement adaptée à ces nouvelles réalités-là et c’est ce qu’on va mettre sur la table. »

Au final, le maire souhaite que le conseil profite de ces deux jours pour clarifier plusieurs éléments qui provoquent des tensions au sein du conseil depuis déjà quelques années, notamment tout ce qui entoure l’utilisation grandissante, selon plusieurs élus, des huis clos. « L’idée n’est pas de savoir s’il faut plus ou moins de huis clos, mais de savoir si ce sont des bons ou des mauvais huis clos, explique le maire. La question c’est aussi de savoir si on se permet des rencontres de travail. Il faut que les règles soient claires. Il y a un nettoyage à faire là-dedans. Il faut s’entendre sur certaines pratiques pour ne pas qu’à chaque fois où il y a un huis clos ça se transforme en crise. » 

Le rôle des présidents des comités et commissions sera aussi abordé lors du lac-à-l’épaule. Le maire explique que traditionnellement, c’est à ce dernier que revient le rôle de porte-parole pour tous les sujets municipaux, et que toutes les opérations relèvent aussi de lui. « Mais on est en 2018 et les élus veulent jouer un plus grand rôle, note M. Pedneaud-Jobin. On doit décentraliser l’action politique, mais notre structure municipale n’est pas faite pour ça. Le système est fait pour avoir un maire qui mène tout. Je crois qu’il faut déléguer et trouver une façon pour que ce soit plus intéressant pour les politiciens. En même temps, il ne faut pas se retrouver avec 19 maires qui donnent des mandats à l’administration. Il y aura une discussion importante à avoir pour conserver un fonctionnement cohérent. »

M. Pedneaud-Jobin ajoute que toutes les décisions qui découleront de ce lac-à-l’épaule devront ensuite faire l’objet de débats et de décisions en public. La mise en place de la nouvelle gouvernance dépendra de l’importance des changements à apporter.