La famille Gagné demande des excuses publiques et la rétractation des propos du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Selon la famille Gagné : le maire a raté une occasion

En se rangeant « aveuglément » et sans réserve derrière sa fonction publique, le maire Maxime Pedneaud-Jobin rate une belle occasion d'évaluer l'attitude de certains de ses fonctionnaires face à des citoyens qui s'estiment lésés, estime la fille de Jocelyne Gagné.
« Il a préféré manger dans la main de ses fonctionnaires et dénigrer notre travail de recherche qui met en lumière différents manquements importants au sein de son administration, lance Karine Gagné. Sa lettre envoyée en juillet est carrément une insulte à notre intelligence. »
Des échanges de courriels émanant du service des infrastructures de la Ville et fournis au Droit par la famille Gagné démontrent qu'aucune étude géotechnique n'a été réalisée avant d'entreprendre les travaux dans le ruisseau Desjardins. Une exigence qui apparaissait pourtant dans l'appel d'offres de la Ville.
La famille Gagné soutient aussi que la surveillance du chantier a été inadéquate en regard des exigences contractuelles. Un autre échange de courriel permet de constater que la Ville n'a pas imposé à l'entrepreneur fautif l'amende de 1500 $ par jour qui figurait au contrat. La Ville se serait ainsi privée de 45 000 $.
Un autre courriel datant de juin 2015 démontre que la Ville savait qu'elle s'exposait à des poursuites dans cette affaire. Un montant d'au moins 20 000 $ avait été mis de côté pour faire face à cette éventualité.
« Nous avons aussi eu toute une dose d'émotion quand nous avons lu ce courriel dans lequel le directeur du centre de services de Gatineau, Marc Phaneuf, demande de vérifier l'existence des permis de construction pour notre remise et notre piscine, explique-t-elle. Ce sont des documents datant de 30 ans. Nous y avons vu une tentative pour nous discréditer et pour trouver une faille. C'est à mon avis une attitude qui soulève des questions éthiques importantes. »
Un dossier qui soulève des doutes sur l'accès à l'information
Le responsable de l'accès à l'information à la Ville de Gatineau, Richard D'Auray, s'est renseigné sur les « intentions » d'un fonctionnaire municipal après avoir reçu une demande dans le dossier litigieux du 35, rue Marcotte.
« Peux-tu m'indiquer tes intentions dans ce dossier ? » Telle est la question posée par Me D'Auray dans un courriel daté d'avril dernier, dont Le Droit a obtenu copie, dont le sujet fait référence à une demande d'accès à l'information formulée par la famille Gagné.
Stupéfaite d'apprendre que la demande a fait l'objet de discussions à l'interne sur les « intentions de l'administration », Jocelyne Gagné se demande si elle a vraiment obtenu tous les documents auxquels elle avait droit.
La semaine dernière, le Bureau de l'ombudsman de Gatineau (BOG) rapportait d'ailleurs des difficultés pour obtenir des documents publics dans un autre dossier. Le BOG ajoutait qu'un citoyen n'avait pas reçu toute la documentation qu'il « aurait dû » recevoir de la Ville en faisant une demande d'accès à l'information.
Les demandes d'entrevues du Droit à ce sujet sont demeurées lettre morte.
La Ville de Gatineau a été régulièrement pointée du doigt par le passé pour le manque de transparence au sein de son administration.
Le nom de Gatineau avait d'ailleurs été ajouté au Dossier noir des municipalités du Québec en 2010 par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).