En ce moment, la Ville de Gatineau n’a pas d’idée précise quant aux travaux à réaliser pour protéger les zones résidentielles de futures inondations.

Sécurisation des zones inondables: Gatineau n’a pas d’idée précise des travaux à réaliser

Malgré le souhait émis à plusieurs reprises par le maire de Gatineau dans les derniers mois, et à moins d’une surprise, la Ville de Gatineau ne sera pas en mesure de procéder d’ici le printemps prochain à des travaux d’infrastructures mineurs qui auraient pu protéger certaines zones résidentielles d’éventuelles inondations.

Le Droit a appris que le comité d’experts responsable de faire les analyses sur la faisabilité et les impacts anticipés de ces travaux dont parlait le maire n’a toujours pas été formé. Quelques semaines devraient encore s’écouler avant que ce comité amorce ses travaux, confirme la Ville de Gatineau. Ce mandat avait été donné à l’administration lors de la phase de rétablissement, le printemps dernier.

À l’heure actuelle, la Ville n’a absolument rien de précis sur sa table à dessin quant aux éventuels travaux souhaités par le maire, ainsi que les résidents des quartiers touchés. La façon dont la Ville a décidé de travailler dans ce dossier laisse par ailleurs peu d’espoir aux gens qui espèrent des mesures, même temporaires, qui permettraient de protéger leur quartier à temps pour la prochaine crue printanière.

Au cabinet du maire, on rappelle que les fonctionnaires habiletés à mener ce dossier sont les mêmes qui ont été sollicités cet été pour faire face à la crise du logement, les mêmes qui travaillent sur la nouvelle cartographie des zones inondables et aussi ceux qui doivent maintenant faire appliquer tout le nouvel environnement réglementaire découlant de la zone d’intervention spéciale décrétée par le gouvernement du Québec.

Ça prendra du temps

« Dans les jours qui ont suivi la crue du printemps dernier, le maire a effectivement émis le souhait qu’on puisse effectuer, si possible, des petits travaux d’infrastructures en vue du printemps 2020, a indiqué par écrit l’attachée de presse du maire, Laurence Gillot. Ce souhait s’est transformé en mandat donné à l’administration lors de la phase de rétablissement pour que les services et les experts puissent analyser la faisabilité de cet objectif. Ce mandat prendra évidemment du temps, car il faut couvrir l’ensemble des besoins pour tous les secteurs concernés et envisager également les tenants et aboutissants d’une action municipale. Ceci dit, aucune décision ni aucune action ne peuvent être prises avant d’avoir l’avis du comité d’experts qui sera formé. Le cas échéant, les membres du comité pourront examiner les actions à prendre et la séquence des interventions. »

Étude de « cadrage »

Dans une réponse écrite, le service des communications de la Ville ajoute que l’administration « va entamer [plus tard cet automne] une étude de cadrage qui permettra une première identification des mesures de protection possible, selon les différents secteurs qui ont été touchés par les inondations ».

Ce sont ces travaux, explique la Ville, qui permettront d’identifier les éventuelles demandes de dérogation [à la zone d’intervention spéciale] qui devront être adressées au gouvernement du Québec.

La porte-parole de la Ville, Bianca Paquette, reconnaît que les chances de pouvoir faire des travaux de protection des quartiers avant le printemps prochain sont très minces.

« Il ne devrait pas y avoir quelque chose de différent sur le terrain au printemps 2020 », a-t-elle indiqué.

Plus tôt cette semaine, le député de Chapleau, Mathieu Lévesque, affirmait au Droit que Québec était prêt à traiter rapidement les demandes de dérogations de la Ville de Gatineau afin de permettre des travaux de protection à l’intérieur de la zone d’intervention spéciale.