Le porte-parole du groupe de résidents de la rue Fraser, Louis Gaudet

Saga Fraser: une claque et des arguments pour les résidents

Quelques heures après le dépôt du rapport sur l'enquête administrative sur le 79, Fraser, les réactions n'ont pas tardé à fuser hier de la part du groupe de résidents de la rue, qui ont déposé une poursuite contre la Ville et le propriétaire de la maison il y a 72 heures.
«Ça fait juste prouver ce qu'on affirme depuis le début, c'est-à-dire qu'il y a eu de l'incompétence et des gens complaisants qui ne nous respectaient pas quand on leur répétait qu'il y avait des problèmes. [...] En même temps, ça nous apporte un lot de frustrations, car le maire ne changera pas d'idée malgré les conclusions de l'enquête. C'est une claque de plus pour nous, mais d'un autre côté on aura plus d'arguments quand on se retrouvera en cour», lance le porte-parole Louis Gaudet.
Ce dernier estime que la preuve vient d'être faite noir sur blanc que c'est l'administration et non les élus qui tiennent les rênes de la municipalité.
Réactions mitigées
Parmi les conseillers questionnés par LeDroit, les réactions étaient mitigées.
«Le rapport montre bien qu'il y a un laisser-aller qui nuit au processus décisionnel. À mon sens, c'est inacceptable. Il manque une étape importante, je pense qu'il aurait été nécessaire de revoir la décision du mois de juillet (vote sur la dérogation mineure)», de dire Marc Carrière, qui s'est opposé à la résolution sur les mesures disciplinaires hier.
«On se rend compte dans ce cas-ci à quel point l'administratif n'a pas du tout tenu compte des besoins du politique. Je trouve ça dangereux. [...] La situation du chemin Fraser a dérapé de A à Z, et finalement, qui a porté le chapeau dans ce dossier? Ce sont les élus, qui ont encore eu l'air fous. Nos fonctionnaires et gestionnaires doivent être capables de justifier la façon qu'ils traitent les dossiers, et s'il y a négligence ou nonchalance, ils doivent être sanctionnés», soutient Denise Laferrière, satisfaite du rapport.
Le conseiller et président du CCU, Richard Bégin, croit toujours qu'il s'agit d'une situation perdant-perdant et est d'avis que cette saga permettra de tirer bien des leçons.
«J'espère que cet accident de parcours-là, que je ne sais pas comment définir parce que le terme n'est pas assez fort, sera l'occasion de donner un coup de barre majeur à bien des égards. Je suis plutôt confiant qu'on y arrivera», a-t-il commenté.