L'ancien maire de Gatineau, Yves Ducharme, souhaite que la Ville de Gatineau profite du développement des terrains de Domtar pour revitaliser le ruisseau de la Brasserie.

Ruisseau de la Brasserie: une revitalisation de 50 millions

Décontaminer, revitaliser et renaturaliser le ruisseau de la Brasserie coûterait près de 50 millions $ et prendrait au moins six ans, selon ce qu'a appris LeDroit.
C'est du moins les conclusions d'une étude commandée par la Ville de Gatineau, financée au coût de 38 000 $ à partir du Fond vert. Ce plan-concept de la revitalisation du ruisseau a été officiellement déposé à la Ville le 30 octobre dernier par l'Agence bassin versant des 7.
Le maire Maxime Pedneaud-Jobin, pour qui la revitalisation du ruisseau de la Brasserie est la priorité dans le centre-ville, affirmait, lundi, ne pas avoir eu le temps de jeter un coup d'oeil à cette étude.
«Mais je vais le faire parce qu'ils (les auteurs) ont pris plusieurs années pour penser le ruisseau, a-t-il dit. Il faut vraiment voir ce qu'ils ont en tête. »
Des investissements à faire
L'auteur du plan-concept, le biologiste Pascal Samson, a, entre autres, fait une étude sur la pollution du cours d'eau et un inventaire biologique au cours de la dernière année. Le plan qu'il présente à la ville prévoit la décontamination du site, la mise en valeur du ruisseau, la renaturalisation des berges, une mise en valeur du patrimoine environnant et une amélioration des infrastructures récréatives à proximité.
Selon lui, la décontamination nécessiterait des investissements d'environ 20 millions $. « La Commission de la capitale nationale a quelques études indiquant les contaminants qui se trouvent dans le sol sur ses terrains le long du ruisseau, dit-il. Ça va prendre une étude plus approfondie, mais ce ne sont pas tous les terrains près du ruisseau qui sont contaminés. »
Un terrain près de l'aréna Guertin est contaminé à l'arsenic, précise M. Samson. Plusieurs autres terrains où il y a eu du remplissage avec de la terre des plaines LeBreton, dans les années 1970, notamment près de l'aréna, de l'école et de l'autoroute 5, pourraient aussi poser problème, mais il faut une analyse plus détaillée, dit-il.
La Ville de Gatineau pourrait aussi devoir dépenser beaucoup d'argent afin d'empêcher des surverses d'égouts pluviaux dans le ruisseau, affirme le biologiste.
«Il y a sept tuyaux qui se déversent directement dans le ruisseau, dit-il. C'est une des premières choses à régler avant de faire quoi que ce soit.»
Pascal Samson précise que les travaux sur le ruisseau de la Brasserie devront se faire en plusieurs phases et que certaines phases peuvent se chevaucher. Ce dernier a étudié une quarantaine de projets proposés depuis 1975 pour le ruisseau de la Brasserie.
«Ce plan-concept est le premier qui voit le ruisseau comme un seul projet, soutient-il. Auparavant, ce qui était proposé était des projets sur le ruisseau, ce qui est très différent.»