Promis en 2013, le réaménagement du ruisseau de la Brasserie de Gatineau se fait toujours attendre.

Ruisseau de la Brasserie: une priorité encore repoussée

La revitalisation du ruisseau de la Brasserie a été la marque de commerce du maire Maxime Pedneaud-Jobin et de son parti Action Gatineau lors de l’élection de 2013. L’endroit devait devenir en quelques années le fer de lance du centre-ville. Son réaménagement était présenté comme la grande priorité en termes de développement touristique et patrimonial à Gatineau.

À l’automne 2014, le conseil a accepté de mettre de côté une somme de 3,5 millions $ pour commencer la revitalisation du ruisseau. Depuis, rien n’a été fait. La patinoire du ruisseau est de retour chaque hiver et AGWÀTÀ y tiendra sa troisième et dernière édition cet été, mais pour tout ce qui touche le réaménagement des lieux tels que promis, c’est le calme plat. Les échéanciers pour la planification et la réalisation des travaux sont remis d’année en année. Selon nos informations, le sujet aurait d’ailleurs été abordé lors du huis clos de mardi dernier.

La semaine dernière, on apprenait aussi que des travaux d’aménagement de surface aux abords du ruisseau annoncés en janvier 2017 par le maire ont dû être remis aux calendes grecques. La Commission de la capitale nationale (CCN) a avisé la Ville qu’elle ferait de l’échantillonnage de sol cet été en prévision d’une décontamination future des terrains. Le maire n’en savait rien lorsqu’interpellé par Le Droit à ce sujet et ce même si cela a forcé le déménagement de l’exposition Recycl’art près du Théâtre de l’Île.

« Selon moi, ce n’est pas un problème, a insisté le conseiller du quartier, Cédric Tessier. La CCN veut procéder à la décontamination, je trouve que c’est une bonne nouvelle. Ça fait une dizaine d’années qu’on en parle et il ne se passait jamais rien. Il faut comprendre que ce sont surtout des terrains de la CCN. Il faut faire un partenariat. »

Les premières discussions entre le maire Pedneaud-Jobin et la CCN concernant ces travaux de décontamination remontent à juin 2014. Le premier dirigeant de la CCN, Mark Kristmanson avait alors indiqué au Droit qu’il avait demandé à son équipe de « trouver des fonds » pour la décontamination des terrains de la CCN en bordure du ruisseau.

Retards et reports
Le Droit a examiné tous les bilans faits par la Ville concernant le réaménagement promis au ruisseau de la Brasserie depuis 2015. Lors de l’adoption du budget 2015, dans une vidéo où il s’adressait directement aux citoyens, le maire affirmait que pour que l’action de la Ville soit « déterminante », le conseil venait de donner à l’administration « deux priorités claires » en termes de projets d’investissements, à savoir le développement du ruisseau et celui du secteur Laval/Aubry.

À la fin de l’année 2015, l’administration accusait déjà du retard dans la conception du « plan directeur » pour le tronçon longeant le ruisseau entre Montclair et Taché. Le bilan de l’année 2016 prévoyait la réalisation de ce plan en 2017. En novembre dernier, l’échéancier était de nouveau repoussé, cette fois pour 2018.

C’est la même chose pour la réalisation des études et des concepts du projet. D’abord prévu en 2016, l’échéancier pour ces études a été repoussé à 2017 et de nouveau remis à 2018 en novembre dernier.

La réalisation des plans et devis pour les travaux près du ruisseau qui devaient être lancés en 2016 n’a toujours pas commencé. Ils ont été remis à 2018. En novembre dernier, l’administration a confirmé que rien ne serait fait à ce niveau avant 2019. La refonte de l’éclairage du pont de la rue Montcalm était prévue en 2018. Ce projet a été décalé dans le temps et est maintenant au calendrier pour 2019.

Le seul élément du projet de revitalisation du ruisseau qui a respecté les échéanciers est la démolition du vieux garage municipal devant les Brasseurs du temps. Ce terrain devait cependant servir pour l’aménagement d’un concept de porte d’entrée dès cette année. À part l’aménagement d’une œuvre d’art faite à la dernière minute dans le cadre du Sentier culturel, ce terrain est toujours en friche.