Une vive tension entre les élus indépendants et le maire Maxime Pedneaud-Jobin a marqué le début des travaux du conseil municipal, mardi.

Rude départ pour le nouveau maire

Une vive tension entre les élus indépendants et le maire Maxime Pedneaud-Jobin a marqué le début des travaux du conseil municipal, mardi.
La rencontre « secrète » à laquelle ont participé les 14 indépendants, lundi soir, afin de discuter d'une stratégie à aborder en prévision de la première réunion du conseil a mis le feu aux poudres. Le maire n'a pas mâché ses mots pour livrer le fond de sa pensée sur cette façon de faire.
« Je suis extrêmement déçu », a-t-il tout d'abord lancé devant ses collègues médusés, en début d'après-midi. « J'ai un cellulaire, une équipe qui a collaboré avec vous depuis le début et un directeur de cabinet avec qui vous pouvez entrer en communication de n'importe où. J'ai accommodé des gens autour de la table jusqu'à hier soir (lundi soir). Pendant que vous étiez en rencontre secrète, moi, mon directeur de cabinet et mon attaché politique, on était en train de travailler sur les nominations. »
Une majorité de conseillers indépendants ont affirmé ne pas être d'accord avec la volonté du maire d'abolir immédiatement les bonis liés à des postes dans les commissions et d'offrir un salaire uniforme à chacun des élus. La réalité minoritaire d'Action Gatineau au conseil municipal a frappé rapidement.
M. Pedneaud-Jobin a connu sa première défaite politique à titre de maire. Il a dû se plier à la volonté de la majorité et a oublié l'abolition des bonis pour l'instant. La révision des commissions et du système de rémunération sera plutôt faite en février prochain. Entre-temps, l'ancien système de rémunération avec bonis sera maintenu.
 
Nominations contestées
Les discussions entre le maire et certains indépendants, comme Maxime Tremblay, Denise Laferrière, Denis Tassé et Sylvie Goneau, ont aussi été très musclées sur la question des nominations aux commissions. Le plus jeune conseiller, Cédric Tessier, qui agissait à titre de représentants des indépendants, a proposé une série de modifications à la liste des nominations déposées par le maire.
Il s'en est suivi une bataille rangée entre les élus d'Action Gatineau et certains indépendants. Au bout du compte, le maire a réussi à maintenir Richard Bégin d'Action Gatineau au comité consultatif d'urbanisme, mais il a du faire une croix sur la présence de la vedette montante du parti, Myriam Nadeau, que les indépendants ne voulaient pas voir à ce poste.
Le maire a aussi dû faire un compromis et accepter la nomination de Denis Tassé à la présidence du comité du budget, ce qui ne faisait pas du tout son affaire. « On va avoir de la difficulté, a indiqué le maire. Il y a des liens à recréer avec M. Tassé qui sont, ce soir, très nettement brisés. Le lien de confiance n'est plus là. Si M. Tassé voulait ce poste, il n'avait qu'à me le dire. S'il ne me respecte pas, c'est correct, mais qu'il respecte la fonction que j'occupe. »
 
Des opposants à l'exécutif
Le maire Pedneaud-Jobin n'a visiblement pas peur de la confrontation et des débats. Une seule élue d'Action Gatineau, Myriam Nadeau, siégera avec lui sur l'important comité exécutif. Le maire a nommé à l'exécutif Maxime Tremblay, l'un de ses plus grands pourfendeurs dans l'ancien conseil, tout comme le conseiller Mike Duggan, qui n'avait pas mâché ses mots en campagne électorale pour attaquer le nouveau maire et son parti. Gilles Carpentier siégera aussi au comité exécutif.
Le maire reconnaît que ces deux hommes peuvent paraître comme des opposants, mais il insiste pour préciser que leur nomination est réfléchie. « Je voulais un comité exécutif représentatif de Gatineau et des différentes tendances autour de la table », a indiqué le maire.
M. Pedneaud-Jobin précise toutefois que si la dynamique devient partisane au comité exécutif, il n'hésitera pas à faire des changements et à s'entourer uniquement des élus d'Action Gatineau.