Robert Gratton

Robert Gratton dénonce du «salissage» à son endroit

« Toi, tu t’embarques dans une guerre entre fédérations et une campagne de salissage ».

D’entrée de jeu, lorsque confronté aux nombreuses critiques le ciblant, Robert Gratton a voulu être clair. Selon lui, il s’agit d’une campagne orchestrée pour le salir et faire mal paraître l’organisme Habitat urbain de l’Outaouais (HUO), dont il est secrétaire et au sein duquel il agit comme gestionnaire de plusieurs coopératives membres.

M. Gratton en a surtout contre la création de la Fédération intercoopérative en habitation de l’Outaouais (FIHAB), dirigée par l’avocat Raphaël Déry, une structure qui, selon lui, n’est pas viable.

« Ce sont des gens qui veulent se créer des jobs en mettant sur pied des fédérations, et qui après font du maraudage pour attirer de nouvelles coopératives, avance-t-il. Ce qui va arriver, c’est que leur fédération va faire faillite et leurs coopératives membres vont se retrouver avec de gros déficits qui vont entacher leur réputation. »

Les 12 coopératives membres d’HUO ont décidé de ne pas joindre les rangs de la fédération régionale fondée par M. Déry qui regroupe 29 coops réunissant plus de 1000 logements.

« On a décidé de mettre nos œufs dans un panier qui a un futur », dit M. Gratton, en faisant référence à la récente percée régionale de la Fédération des coopératives d’habitation intermunicipale du Montréal métropolitain (FECHIMM).

À la FIHAB, Raphaël Déry s’explique mal la hargne entretenue par M. Gratton contre son regroupement régional.

« M. Gratton semble être à la base animé par un vieux conflit qui a divisé les coopératives d’habitation dans la région au milieu des années 1980. Il en a toujours eu contre l’establishment coopératif. Mais on n’est plus là-dedans personne aujourd’hui. Les gens sont libres d’adhérer à notre fédération ou à son regroupement. Nous, on offre une alternative, c’est tout. »

Selon Me Déry, l’enjeu des fédérations n’a aucun lien avec ce qui est reproché à M. Gratton par des locataires et des intervenants du milieu de l’habitation.

« Je ne dis pas du tout que c’est généralisé aux coopératives membres d’HUO, mais la situation apparaît comme très particulière dans les coopératives qui sont sous la gestion de M. Gratton, dit-il. Il connaît tous les leviers et il les utilise pour arriver à ses fins. Il peut être totalement arbitraire alors qu’il évolue dans un milieu coopératif et démocratique. D’après mes observations, il y a des cas où il a démontré qu’il ne respecte pas le droit des locataires au maintien dans les lieux, tel que prévu dans le Code civil du Québec. Dans certaines de ses coops, la démocratie frappe un mur et ce qu’on remarque, c’est que les gens sont captifs de ça parce qu’ils ne sont pas outillés pour faire respecter leurs droits. »