Sylvie Goneau a installé un « centre de coordination » au coin des rues Versailles et Watt.

Risque de confusion après une initiative de Sylvie Goneau

La candidate à la mairie, Sylvie Goneau, a mis toute l'équipe de coordination des services d'urgence et d'aide aux sinistrés sur le qui-vive, mercredi matin, en publiant un communiqué de presse indiquant qu'à titre de conseillère municipale, elle mettait sur pied un « nouveau centre de coordination pour les sinistrés ».
Le cabinet du maire et toute la cellule de crise mis en place par la direction de la sécurité civile et la Ville de Gatineau n'en savaient rien avant d'être mis au fait par Le Droit peu avant 9 h 30. Le communiqué émis par Mme Goneau, qui utilisait l'entête de la Ville, stipule que le quartier général de ce nouveau centre est situé au coin des rues Versailles et Watt afin d'offrir au sinistré un accès à des navettes, des repas, un répit et des services bénévoles en fonction des besoins. 
Le communiqué envoyé ce matin par la conseillère et candidate à la mairie, Sylvie Goneau.
« Comme sinistré, c'est quelque chose qu'on a demandé dès le début à la Ville, mais qu'on n'a jamais pu avoir, a-t-elle écrit. Le but de ce poste est que les gens ne se sentent pas délaissés et soient appuyés. » Mme Goneau a précisé au Droit que les conseillers Jean Lessard, Marc Carrière, Jean-François LeBlanc et Louise Boudrias étaient impliqués dans la mise en place de ce service.
Le maire a rectifié le tir dès la fin de la courte séance du comité exécutif. « Je veux être clair, c'est une initiative personnelle de Mme Goneau, a-t-il lancé. Il n'y a pas de nouveau centre de coordination ou d'accueil des sinistrés. Les gens doivent se présenter à Jean-René Monette et à l'ancien hôtel de ville de Masson. C'est là où on s'occupe d'hébergement, de vêtement, de nourriture et d'aide psychosociale. Il ne doit pas y avoir de confusion dans le message. Ce n'est pas une initiative de la Ville de Gatineau. »
Précision
À 11 h, Mme Goneau faisait parvenir un deuxième communiqué de presse aux médias en précisant que le premier envoi n'aurait pas dû inclure le logo de la Ville de Gatineau et que son initiative a été prise à titre de « bénévole/sinistrée et non à titre de conseillère municipale ».
Le conseiller Jean Lessard a contacté Le Droit en fin de journée pour préciser qu'il n'avait jamais participé à la mise en place du centre de coordination lancé par Mme Goneau. « J'échange de l'information avec elle et tout le monde sur le terrain, mais je ne suis pas dans cette organisation-là, a-t-il insisté. Je n'ai pas participé à l'élaboration de ça. Je ne travaille pas en parallèle de la Ville. »
Le conseiller Jean-François LeBlanc collabore aux efforts dans les secteurs inondés depuis maintenant une semaine. « Pour moi, c'est la continuité de ce que je faisais déjà, dit-il. À mon avis, toutes les initiatives sont bonnes tant que ça ne mélange pas les gens. » Il estime qu'il y a un « peu de politique » dans l'initiative de Mme Goneau. « On peut se rendre utile en travaillant avec le maire ou en parallèle, dit-il. L'avenir et le bilan vont nous dire ce qui était le mieux. »
Le maire n'a pas voulu commenter l'incident outre mesure. « Je n'ai pas le goût de commencer à tirer des roches en plein milieu d'une crise, il y a encore beaucoup de gens à aider, a-t-il dit. Il y a eu beaucoup d'initiatives de ce genre, il y a eu des gens extraordinaires qui ont fait des choses comme ça, mais il n'y a pas eu de communiqué de presse. »