M. Bégin remet en question son adhésion au parti Action Gatineau qu’il représentait à titre de conseiller du district Deschênes et comme président du CCU jusqu’en novembre dernier.

Richard Bégin accuse Cédric Tessier de sombrer dans la compromission

Le compromis proposé au comité consultatif d’urbanisme (CCU), lundi, par le conseiller Cédric Tessier dans le dossier de la citation patrimoniale du quartier du Musée est reçu comme claque au visage par son ancien collègue d’Action Gatineau et président de la Fédération histoire Québec, Richard Bégin.

De nature posée lors de ses interventions publiques, M. Bégin avoue avoir de la difficulté à contenir sa colère devant ce qu’il juge être de la «compromission complète» de la part de M. Tessier. Selon lui, retirer le 115, rue Champlain du périmètre de protection, à savoir le terrain de l’Académie Sainte-Marie, est «inadmissible». M. Bégin remet même en question son adhésion au parti Action Gatineau qu’il représentait à titre de conseiller du district Deschênes et comme président du CCU jusqu’en novembre dernier.

«Ce que Cédric Tessier propose c’est de prolonger l’agonie du centre-ville, dit-il. Qu’on se branche une fois pour toutes. Ou on croit au patrimoine et à sa protection dans le quartier du Musée, ou on n’y croit pas. Finissons-en. Ça fait 30 ans que ça dure. Si les Gatinois et les élus n’y voient pas d’intérêt, tant pis. Le Québec va continuer de vivre et Gatineau sera une ville de peu d’intérêt pour les touristes et ses propres citoyens. Je ne peux pas appuyer une démarche qui vise à gruger davantage ce quartier patrimonial. Cette proposition, c’est se mettre un doigt dans l’engrenage. Je n’irai pas là. Je resterai fidèle à mes positions. Je me bats depuis 30 ans pour le patrimoine et je ne reculerai pas pour des considérations politiques, pour gagner un vote qui aura des effets pernicieux par la suite. Je sais que ça va déranger du monde à Action Gatineau, mais tant pis.»

La protection du quartier du Musée renferme un enjeu qui dépasse la simple préservation de bâtiments intéressants au plan patrimonial et historique, insiste M. Bégin. Il s’agit d’abord d’un enjeu de nature identitaire et communautaire. «On sait qu’il y a un problème d’identité à Gatineau, rappelle M. Bégin. Les villes de Montréal, Québec, Terrebonne, Victoriaville, Sherbrooke, Longueuil ou encore Trois-Rivières n’ont pas de problème d’identité parce qu’elles se sont toutes assurées de préserver leur coeur historique. Si les Gatinois décident qu’ils n’ont pas besoin de ça parce qu’ils sont à côté d’Ottawa, ce sera leur choix, dit-il. Ce sera comme à Laval et ils auront toujours un sentiment d’appartenance minimaliste.»

Une telle proposition du conseiller Tessier fait dire à Richard Bégin qu’Action Gatineau s’éloigne des principes pour lesquels il avait décidé de se joindre ce parti en 2013. «Moi, je ne sombrerai pas dans la compromission, dit-il. Pour le moment, il ne s’agit que de Cédric Tessier. On verra le 28 août s’il représente l’opinion globale de tous les élus d’Action Gatineau. Je prendrais ma décision [sur son adhésion au parti] le 29 août.»