Le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, affirme que l’ex-gouvernement libéral «a traité cette portion du projet (Labrosse à Lorrain) comme si elle était tombée du ciel, alors qu’elle faisait déjà partie du projet original».

Retard pour le Rapibus vers Lorrain: Lacombe critique les libéraux

Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, jette le blâme sur les libéraux concernant le retard d’un an anticipé par la Société de transport de l’Outaouais (STO) pour la mise en service du tracé Labrosse-Lorrain du Rapibus.

L’ex-gouvernement « a traité cette portion du projet comme si elle était tombée du ciel, alors qu’elle faisait déjà partie du projet original », plaide-t-il. 

Le transporteur public a annoncé jeudi qu’il était forcé de reporter l’ouverture du tronçon de 2,8 kilomètres d’au moins un an, car il est toujours en attente d’obtenir un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). Ce certificat est nécessaire parce que le Rapibus passera dans le parc du Lac-Beauchamp, un site identifié comme un milieu écologique où il y a une grande biodiversité. Les autobus ne pourront donc pas y rouler avant 2022 étant donné que les travaux s’étaleront sur deux saisons de construction. 

« Tout cet historique de retard-là, c’est le bilan des gouvernements libéraux précédents qui ont été en place durant 15 ans. Pour notre part, on a déjà fait en sorte que le projet puisse avancer plus rapidement, notamment en coulant le tracé dans le béton. Lorsqu’on est arrivé en octobre, ce n’était pas juste la question environnementale qu’il y avait à régler. [...] Il faut comprendre que le tracé du projet n’était pas encore coulé dans le béton, le précédent gouvernement, pour lui, ça n’allait pas de soi que c’était un prolongement. Il le prenait comme un seul et même projet. Ç’a fait en sorte que la STO a eue du travail à faire en double, ç’a allongé les délais. Pour nous, la première étape a été de le confirmer. On a été surpris, mais on a réglé le problème », soutient le ministre Lacombe.

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Au sujet du délai pour la livraison du certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement, il dit demeurer optimiste et précise « qu’on doit s’assurer qu’il y ait un bon équilibre entre la protection de l’environnement et les projets d’infrastructures comme le transport en commun ». 

« C’est la portion à laquelle on doit s’attaquer. J’aimerais que ça aille plus vite, mais en même temps, les questions environnementales sont sensibles. En ce moment, le sujet est à l’avant-scène, on doit bien faire les choses. Les Québécois nous ont demandé de s’en occuper. Par ailleurs, des mesures qui ont été prises dans le dernier budget pour accélérer les délais dans ces cas-là. Les bottines suivent les babines, dans notre cas. Il y aura plus de ressources (19 millions $ injectés) pour traiter des dossiers plus rapidement. Les effets vont commencer à se faire sentir que dans les prochains mois », ajoute-t-il.

M. Lacombe précise s’être entretenu avec le ministre de l’Environnement Benoit Charette, « qui sait que le projet est important pour Gatineau ». 

Réplique des libéraux

L’ex-ministre des Transports et député de Pontiac, André Fortin, s’explique mal cette sortie de M. Lacombe, affirmant que les élus de la région devraient travailler ensemble sur un tel dossier « plutôt que de regarder en arrière ». 

« Je trouve qu’on retourne loin dans le passé pour expliquer un échec du gouvernement actuel. La demande d’autorisation a été effectuée en octobre, le même mois où le gouvernement de la CAQ a été élu. Au moment du dépôt de la demande, la STO s’attendait à pouvoir procéder aux travaux dès cette année. Je m’attends à ce qu’on regarde vers l’avant pour aller de l’avant avec ce projet important aux yeux des citoyens », réplique-t-il, ajoutant que le délai plus long que prévu lui apparaît dû uniquement au processus de certification environnementale.